Un adolescent autiste âgé de 17 ans a reconnu sa culpabilité face à des accusations de terrorisme après avoir conçu un projet effrayant visant à brûler une mosquée à Greenock, en Écosse — une affaire qui met en lumière la dangerosité des idéologies extrémistes qui peuvent déformer l’esprit d’un jeune.
L’adolescent a été arrêté en janvier devant le centre musulman d’Inverclyde, en possession d’un pistolet à air, de bombes aérosol, ainsi que de matériaux destinés à piéger les fidèles à l’intérieur pour ensuite mettre le feu au bâtiment. La Cour suprême de Glasgow a entendu les détails troublants de ses plans — notamment ses simulacres de conversion à l’islam et sa participation aux prières de la mosquée pour gagner la confiance et accéder à son objectif d’attaque.
Au départ, le jeune homme avait projeté de faire exploser son école en décembre de l’année précédente, mais il a finalement changé de cible pour viser la mosquée. Les procureurs ont révélé qu’il avait été radicalisé par les réseaux sociaux dès l’âge de 13 ans, en absorbant un mélange toxique de contenus extrémistes d’extrême droite. Sur son téléphone, des « inspirations » incluaient Adolf Hitler, Benito Mussolini ainsi que le terroriste néo-nazi norvégien Anders Breivik — des noms synonymes de haine et de violence de masse.
Les documents judiciaires décrivent la mentalité glaciale de l’adolescent. Il aurait confié à une connaissance, via un message chiffré, qu’il trouvait facile d’infiltrer « la cible » — qu’il s’agisse d’une mosquée ou d’une synagogue — car il se fondait en prétendant en faire partie. Il aurait même demandé à ce que l’attaque soit diffusée en direct sur Internet et aurait préparé un « manifeste final » à diffuser lors de l’incendie, alors que la mosquée serait remplie de fidèles.
Malgré ses projets sinistres, la mère du jeune a commencé à s’inquiéter lorsqu’il est sorti de chez lui le matin du 23 janvier, vêtu tout en noir, avec un sac à dos camouflage. La police, ayant reçu des renseignements, attendait sur place à proximité de la mosquée. Lorsqu’on lui a posé des questions sur son sac, il a répondu froidement : « Des pistolets, je vais vous dire ce qu’il y a dans le sac pour que vous ne vous fassiez pas mal. Je ne veux pas vous blesser. »
Les policiers ont trouvé dans son sac un pistolet à air d’origine allemande, des munitions, des billes, des cartouches de gaz et des bombes aérosol. Une fouille de son domicile a permis de découvrir Mein Kampf d’Adolf Hitler, une copie du Coran, des armes à gaz, des couteaux, ainsi que des instructions pour fabriquer des explosifs.
L’avocat de la défense a dressé le portrait d’un jeune homme vulnérable, isolé socialement, qui aurait « importé en bloc » sa vision du monde depuis Internet. Tony Lenehan KC a déclaré : « C’était un garçon de 16 ans ayant du mal à se connecter au monde réel, qui a absorbé des idéologies dangereuses en ligne. »
L’adolescent a plaidé coupable des accusations au titre de la Loi Antiterroriste et de possession de documents susceptibles d’aider à la préparation d’actes terroristes. La sentence a été reportée à le mois prochain, et il a été placé en détention provisoire.
Cette affaire soulève des questions inquiétantes sur la vulnérabilité des jeunes face à la radicalisation en ligne, la relation entre santé mentale et violence extrémiste, ainsi que la facilité avec laquelle la haine peut se développer dans l’isolement et l’anonymat.






