Leila Aboulela a reçu cette année le prix PEN Pinter pour la qualité de sa plume, une distinction qui récompense son engagement à explorer des thèmes liés à la migration, à la foi et à la vécu des femmes. Lors de la cérémonie de remise, les juges ont salué sa façon de mettre en lumière le rôle des femmes musulmanes, décrivant son écriture comme « un baume, un refuge, et une source d’inspiration ».
Née à Khartoum, au Soudan, et installée à Aberdeen depuis 1990, l’auteure a publié six romans ainsi que deux recueils de nouvelles, parmi lesquels figurent notamment The Translator, Elsewhere, Home, et plus récemment, River Spirit en 2023. Lorsqu’elle a appris sa récompense, elle a exprimé sa surprise en déclarant : « C’est complètement inattendu. » Elle a ajouté : « En tant que musulmane soudanaise immigrée, qui écrit en adoptant une perspective religieuse sur les limites de la tolérance laïque, cette reconnaissance revêt une signification profonde. Elle élargit la compréhension de ce que signifie la liberté d’expression, et de qui a la possibilité de faire entendre ses histoires. »
L’annonce de sa victoire a été faite lors de la fête d’été organisée par English PEN, le mercredi soir, où des acteurs tels que Khalid Abdalla et Amira Ghazalla ont lu des extraits de ses œuvres. Elle recevra son prix le 10 octobre à la British Library à Londres. Lors de cet événement, elle dévoilera également son choix pour le prix PEN Pinter du courage, destiné à un auteur « actif dans la défense de la liberté d’expression, souvent au péril de sa sécurité et de sa liberté ».
Selon la romancière Nadifa Mohamed, qui a jugé cette année, “l’œuvre de Leila est caractérisée par son engagement à faire des vies et des décisions des femmes musulmanes le centre de sa fiction, en examinant leurs luttes et leurs plaisirs avec dignité”. Elle précise : « Dans un monde qui semble en flammes et où la souffrance immense reste souvent ignorée ou peu pleurée, notamment au Soudan, à Gaza et ailleurs, son écriture est un remède, un refuge, une source d’inspiration. »
La poetesse Mona Arshi, qui a également participé au jury, ajoute : « Elle nous offre des perspectives nuancées et riches sur des thèmes essentiels dans notre monde contemporain : la foi, la migration et le déplacement. » Arshi poursuit : « Elle n’est pas la première à évoquer l’expérience migratoire. Mais Leila écrit pour cette époque, et j’espère qu’avec ce prix, ses magnifiques livres toucheront de nouveaux lecteurs et ouvriront nos horizons à d’autres possibilités. »
Lauréate l’année précédente, Arundhati Roy, avait choisi cette fois-ci le militant britannique-égyptien emprisonné Alaa Abd El-Fattah comme Auteur du Courage. Chaque année, ce prix est attribué à des écrivains résidents au Royaume-Uni, en Irlande, dans le Commonwealth ou dans d’anciens pays du Commonwealth. Parmi les lauréats précédents figurent Michael Rosen, Malorie Blackman, Chimamanda Ngozi Adichie, Margaret Atwood, Salman Rushdie et Hanif Kureishi.






