Le militant pro-palestinien Majid Freeman attend le verdict du jury après un procès pour terrorisme de deux semaines à la Crown Court de Birmingham.
Freeman, 38 ans, originaire de Leicester, fait face à deux accusations d’incitation au terrorisme et de soutien à une organisation interdite (Hamas).
Les accusations concernent son activité sur les plateformes de réseaux sociaux Twitter/X et Instagram en 2023 et 2024.
Les procureurs affirment qu’il a délibérément encouragé le terrorisme et soutenu ouvertement le Hamas, tandis que son équipe de défense affirme qu’il ne soutient pas le Hamas mais soutient plutôt la « résistance palestinienne ».
Le jury pourrait rendre son verdict dès le mercredi 6 mai.

Dossier de poursuite
Concernant le premier chef d’accusation, les procureurs allèguent que Freeman a utilisé sa présence considérable sur les réseaux sociaux pour promouvoir et encourager des actes de violence.
Au cœur de leur cas se trouve un article daté du 11 mars 2024 faisant référence aux meurtres de Charlie Hebdo, qui, selon eux, allait au-delà du commentaire et équivalait à une approbation d’une action violente.
L’accusation a déclaré au tribunal que Freeman utilisait un langage codé pour communiquer avec un large public de followers. Ils ont fait valoir que ses messages étaient délibérés et conçus pour influencer des personnes partageant les mêmes idées.
« Il n’était pas un observateur passif », a indiqué l’accusation. « Il cherchait activement à persuader les autres d’agir. »

Son téléphone portable, selon le tribunal, était en fait « une arme », utilisée pour diffuser des idées susceptibles d’inspirer la violence dans le monde réel. Les procureurs ont affirmé qu’il « jouait avec la vie des autres » en encourageant ses partisans à agir en utilisant tous les moyens à leur disposition.
Concernant le deuxième chef d’accusation, l’accusation allègue que Freeman a exprimé à plusieurs reprises son soutien au Hamas, un groupe interdit au Royaume-Uni depuis 2021. Ils ont souligné les vidéos et les images qu’il a partagées, y compris du contenu associé à la branche militaire du groupe et à des personnalités telles qu’Abu Obaidah et Cheikh Ahmed Yassin.
Le tribunal a appris que Freeman utilisait des symboles, notamment un triangle rouge, que les procureurs associent au Hamas, et que ses messages « amplifiaient systématiquement la voix du Hamas ». Ils l’ont décrit comme un « propagandiste efficace » qui utilisait de courtes vidéos et des messages pour « humaniser » le groupe et bâtir un soutien à long terme.
« Cette affaire ne concerne pas la question palestinienne », a souligné l’accusation. « Il s’agit d’appliquer la loi. »
Dossier de défense
D’un autre côté, la défense a fait valoir que les actions de Freeman doivent être comprises dans le contexte du conflit en cours à Gaza, qu’elle a décrit comme un génocide.
Son équipe juridique a déclaré que ses messages reflétaient un « désespoir » face aux souffrances des Palestiniens et faisaient partie d’une expression politique plus large plutôt que d’une intention criminelle.
« Ce n’est pas un extrémiste. Ce n’est pas un djihadiste », a déclaré la défense au jury. « C’est un musulman conventionnel qui se soucie profondément de la vie humaine. »
Ils ont souligné l’expérience de Freeman en tant qu’employé caritatif impliqué dans la lutte contre la criminalité au couteau et le sans-abrisme, ainsi que ses visites à Gaza en 2011 et 2013, où il a fourni une aide médicale.
Selon la défense, Freeman soutient le principe de la résistance armée en cas de légitime défense mais ne soutient pas le terrorisme. Ils ont souligné qu’il s’opposait aux attaques contre des civils, y compris les assassinats de Charlie Hebdo, et qu’il n’approuvait pas les prises d’otages.

Abordant le message du 11 mars, la défense l’a décrit comme « une tentative de discussion mal avisée » plutôt que comme une incitation à la violence.
Ils ont également contesté l’interprétation des symboles et du langage utilisés dans ses messages. Le triangle rouge, affirment-ils, est largement utilisé comme symbole général de solidarité avec les Palestiniens, et non comme preuve de soutien au Hamas.
Un témoin expert, le professeur Fawaz Gerges, a déclaré que les images et la rhétorique utilisées par Freeman devaient être considérées dans le contexte plus large de la résistance palestinienne et de la situation humanitaire à Gaza, qu’il a décrite comme une « prison à ciel ouvert ».
La défense a soutenu que Freeman n’avait jamais explicitement soutenu le Hamas en tant qu’organisation, exprimant plutôt sa solidarité avec les Palestiniens et ce qu’il considérait comme une lutte légitime pour la survie.
Son utilisation de hashtags tels que #gazaresists, ont-ils soutenu, reflétait une concentration sur une cause plus large plutôt que sur un groupe spécifique.
« Il essayait d’attirer l’attention sur ce qu’il considérait comme un génocide », a expliqué la défense. « Les réseaux sociaux évoluent rapidement et sont souvent durs, mais son intention était de sensibiliser, pas d’inciter à la violence. »
Ils ont conclu en exhortant le jury à mettre de côté les préjugés et à se concentrer sur les preuves, décrivant Freeman comme un homme « animé par l’humanité et la foi » qui s’est senti obligé de s’exprimer après avoir été témoin de la souffrance.






