Mardi, au moins neuf porcs ont été découverts à l’extérieur des mosquées à Paris et à sa banlieue, suscitant la condamnation des musulmans et renouvelé les inquiétudes concernant l’islamophobie croissante de la France.
Le chef de la police de Paris, Laurent Nuñez, a confirmé quatre mosquées dans la capitale et cinq dans les zones voisines avaient été ciblées. La police enquête sur «l’incitation à la haine aggravée par la discrimination».
Certaines têtes de porc ont été griffonnées du nom de famille du président français Emmanuel Macron à Blue Ink, selon le bureau du procureur de Paris.
Le porc est haram (interdit) dans l’islam, faire de l’acte une insulte directe aux adorateurs musulmans.
Les autorités n’ont pas identifié les auteurs, mais Nuñez a déclaré que les parallèles pourraient être établis avec des cas précédents liés à «l’ingérence étrangère».
Il a mis en garde contre le fait de sauter aux conclusions, mais a noté des incidents antérieurs où les Serbes ont vandalisé les sites juifs auraient été avec le soutien russe.
Attaques croissantes contre les musulmans
Abonnez-vous à notre newsletter et restez au courant des dernières nouvelles et mises à jour du monde musulman!
La France abrite la plus grande population musulmane d’Europe, estimée à plus de six millions. La haine anti-musulmane a fortement augmenté depuis que la guerre d’Israël contre Gaza a commencé en octobre 2023.
Les chiffres officiels montrent que les incidents anti-musulmans ont augmenté de 75% entre janvier et mai de cette année par rapport à 2024. Les attaques contre des individus ont triplé au cours de cette période, selon le ministère de l’Intérieur.

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a condamné les dernières profanes, les appelant «scandaleuses» et «absolument inacceptables».
Il a ajouté: « Je veux que nos compatriotes musulmans puissent pratiquer leur foi en paix. »
Anne Hidalgo, le maire de Paris, a confirmé que la ville avait intenté une action en justice, dénonçant les «actes racistes».
Le président Macron a également rencontré des représentants de la communauté musulmane pour exprimer son soutien.
Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, a décrit les incidents de tête de porc comme «une nouvelle étape triste dans la montée de la haine anti-musulmane». Il a exhorté la solidarité nationale à résister à l’escalade.
Bassirou Camara, qui dirige le groupe anti-discrimination Addam, a averti que la situation pourrait se détériorer davantage.
Il a déclaré aux médias français: « Nous levons l’alarme depuis des mois et nous ne sommes pas entendus. Quelle sera la prochaine étape? Jeter les têtes des porcs aux fidèles ou les attaquer physiquement? »
Un motif mortel
Les profanations surviennent des mois après qu’un meurtre islamophobe brutal a choqué les musulmans français.
En avril, un malien de 22 ans, Aboubakar Cissé, a été poignardé à mort à l’intérieur d’une mosquée de La Grand-Combe.
Cissé, un charpentier qui s’est également porté volontaire à la mosquée, était parti pour la prière tôt le matin lorsqu’il a été attaqué.

Le suspect, le ressortissant français de 21 ans, Olivier A, aurait filmé la souffrance de la victime tout en criant des insultes à Allah.
Les procureurs français disent que le tueur s’est enfui plus tard à travers la frontière avant de se rendre en Italie.
Le président Macron a déclaré qu’il n’y avait pas de place pour la haine religieuse dans la société française, tandis que le Premier ministre a dénoncé le meurtre comme un «crime islamophobe».
Cette marée montante de la haine laisse de nombreux musulmans peur. Des fidèles attaqués dans les mosquées aux profanes grotesques en dehors des maisons de culte, les musulmans français sont de plus en plus ciblés simplement pour leur foi.
Les dirigeants communautaires exigent une action urgente, insistant sur le fait que la condamnation verbale ne suffit plus.
Comme Hafiz l’a noté, ces attaques ne sont pas des incidents isolés mais qui font partie d’une trajectoire dangereuse d’islamophobie qui balaye l’Europe.






