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Les leçons essentielles sur la connaissance révélées par la première révélation

Voici une réécriture en français, selon ta demande, de l’article original :

Introduction : Les huit leçons essentielles de la révélation initiale à Muhammad

Ce qui va suivre est une réflexion sur huit enseignements tirés de la toute première révélation reçue par le prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui et sa famille), concernant la connaissance et l’éducation. Ces leçons mettent en lumière comment cette révélation a commencé à éclairer le monde dès son dévoilement.

Les leçons :

  • La véritable connaissance est la clé de tout bienfait
  • Allah, Tout-Savoir et Tout-Sage, est la source de toute connaissance
  • La vérité et la connaissance sont indissociables
  • Le rôle néfaste de l’humanisme déconnecté de la vérité
  • La nature première de la connaissance révélée, et la nature secondaire de ses équivalents conventionnels
  • La connaissance comme reflet, et soutien, du but ultime de la vie de l’homme
  • Le droit fondamental à la connaissance d’abord, puis à l’éducation
  • La civilisation islamique était une civilisation du don

Le contexte de la révélation

La toute première révélation adressée au prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) était la suivante : « Lis (ou récite) au nom de ton Seigneur qui a créé – Il a créé l’homme d’une substance agglutinée. Lis, et ton Seigneur est le Très-Généreux, Celui qui a enseigné par la plume, qui a appris à l’homme ce qu’il ne savait pas » (al-‘Alaq 1-5).

Ce moment se déroula dans la Grotte Hira, située sur le Mont de la Lumière (Jabal al-Nur), à la périphérie de La Mecque sacrée.

Les huit leçons tirées de cette première révélation

1. La connaissance véritable est la clef de toute bonté

Lorsque la mission prophétique débuta — symbolisée par cette première révélation — il n’y avait aucune vérité divine sur terre. Personne ou communauté ne pouvait prétendre suivre la voie juste ou vivre selon la véritable nature de l’existence.

À cette époque, l’humanité était submergée dans un chaos d’obscurité spirituelle, d’ignorance institutionnalisée et de déclin civilisateur.

Le prophète Muhammad était le sauveur ultime de l’humanité. La révélation finale — l’islam comme un mode de vie complet, et le Coran comme la norme ultime — représentait l’ultime espoir. Son rôle était de transformer le monde, en le guidant de l’erreur et du rejet de la foi vers la lumière de la croyance, et de l’état de barbarie à l’éclat civilisateur. La seule voie pour atteindre cet objectif était la diffusion de la véritable connaissance. Il n’existait aucune alternative capable de relever ces défis majeurs.

C’est pourquoi la première instruction reçue par Muhammad fut de lire ou réciter, en insistant deux fois sur cette nécessité (al-‘Alaq 1,3). Les aspects purement théologiques ou rituels n’étaient pas présents, pas parce qu’ils étaient moins importants, mais parce que leur conception correcte dépendait de la connaissance préalable — non seulement de ces éléments eux-mêmes, mais aussi de leurs liens avec d’autres composantes essentielles.

2. Allah, Tout-Savoir et Tout-Sage, est la source ultime de toute connaissance

La connaissance consiste à être conscient, informé, et à comprendre la véritable nature des choses et des êtres, pour ensuite établir des relations appropriées avec eux. En tant que Créateur et Soutien de l’univers, Allah est la source incontestable de tout savoir. En réalité, Il est la seule origine de la connaissance. Toute connaissance provient de Lui.

Les autres sources de connaissance considérées par l’homme ne sont que secondaires, reflet d’un dessein divin initial dont elles découlent. Ces autres formes de savoir ne sont qu’une actualisation terrestre d’un principe céleste de connaissance.

Qu’il s’agisse des anges ou d’autres formes de création, leur savoir n’est qu’une manifestation de la générosité infinie du Créateur, qui a décidé d’accorder à Ses créatures une part de connaissance. La révélation initiale marqua le début de ce volet crucial du rapport entre le ciel et la terre, mettant en avant la vocation du Créateur à dispenser la vertu. La grandeur de la connaissance est telle qu’elle ne peut que lui être attribuée exclusivement — c’est Lui le véritable maître.

Les hommes, en tant que représentants de la Création, ont pour rôle d’absorber et d’appliquer cette connaissance, l’intégrant dans leur volonté consciente, leur ingéniosité et leur curiosité, afin de réaliser un but précis pesant sur leur existence.

Particulièrement en tant que vice-gérants sur la terre et en étant créés à l’image de leur Créateur, cette relation s’impose. Les anges expriment cette vérité en disant : « Exalté es-Tu (ô Allah), nous n’avons de connaissance que celle que Tu nous as apprise. En vérité, c’est Toi le Tout-Sachant, le Tout-Sage » (al-Baqarah 32).

3. La vérité et la connaissance sont indissociables

Il est impossible d’accéder à la source ultime de la connaissance sans la permission divine. Seul, l’humain ne peut saisir la véritable essence ou la substance de la connaissance. C’est pourquoi vérité et savoir sont liés : la vérité constitue la fondation de la connaissance, qui elle-même nous guide vers cette vérité. La connaissance est éclairée, incarnée par la vérité, et ne peut être considérée comme légitime que si elle est conforme à cette dernière.

Le prophète n’a pas seulement été invité à lire, mais à le faire « au nom de ton Seigneur » (al-‘Alaq 1). En tant qu’être créé par Allah, exprimant Sa grandeur et Sa vérité, l’homme ne deviendra pas nécessairement réalisé sans ce lien avec le Divin.

Ce qu’il lui faut, c’est également que sa nature intrinsèque — souvent enfouie au plus profond de son esprit et de son âme — soit éveillée et qu’elle progresse dans une croissance personnelle nourrie par la connaissance et ses effets éclairants.

Rejecter ou imposer de mauvais types de connaissance à la nature unique de l’homme entraîne confusion, doute et aliénation. La véritable réalisation n’a alors pas lieu, ce qui constitue un double échec.

4. Le rôle néfaste de l’Humanisme déconnecté de la vérité

La vie sur terre est une lutte incessante entre le véritable et le faux, entre le bien et le mal. L’homme en est à la fois le foyer et la cible de ce combat. Il oscille entre son attachement à la déification de la Création, où il place sa propre ego au sommet, et sa tentative de s’élever en une figure quasi divine.

Ce dernier désir ne peut s’accomplir que si l’homme remet en question ou rejette l’autorité divine, en la remplaçant par une vision égocentrique ou athée, ou en la supprimant totalement.

Dans le domaine de la connaissance (l’épistémologie), ce conflit apparaît dans la manière dont l’homme définit la source de la connaissance, ses buts et ses critères de validation. Il y a une confrontation permanente entre subjectivisme, relativisme, et objectivisme, moral absolu.

Ce conflit prévisible entre l’homme rebelle et son Maître, ainsi qu’entre la terre et le ciel, était connu par la science infinie de Dieu. L’histoire de la révélation montre que l’homme, né d’une substance faible (al-‘Alaq 2), avait été créé dans une position humble, en réponse à cette tendance à la prétention et à l’égocentrisme.

Dieu déclare : « Non ! L’homme transgresse toutes bornes, car il se voit autonome » (al-‘Alaq 6-7). La cause profonde de cet humanisme — cette tendance à rejeter le ciel ou à se venger de lui en idolâtrant l’ego — est la propension de l’homme à faire grandir son sentiment d’auto-suffisance, à entraver ses capacités, à affaiblir son intelligence et à déformer ses sens.

Ce comportement d’outrepassement, cette illusion d’indépendance, constituent le legs du rejet de l’autorité divine. C’est une dynamique de perte et de problème intérieur pour l’individu comme pour la société.

5. La primauté de la connaissance révélée sur ses équivalents conventionnels

Le prophète fut ordonné de lire, et non de simplement observer ou explorer. Cela témoigne de la supériorité de la connaissance issue de la révélation, qui est la source ultime de toute autre connaissance.

Cette révélation contient la vérité absolue. Elle doit être la première à être recherchée, aimée, assimilée et appliquée. Les autres types de connaissance n’ont de légitimité que dans la mesure où ils s’alignent avec cette vérité divine.

Les savoirs conventionnels — sciences naturelles, sciences formelles, sciences sociales et humanités — doivent servir à la fois la spiritualité, la moralité, le développement global de l’homme et de la société, ainsi que la justice universelle. Leur légitimité dépend de leur conformité avec le message révélé.

Le système hiérarchique de la connaissance en Islam n’est pas arbitraire mais réfléchi, guidé par la nécessité d’adapter la vision globale de la vie à la finalité ultime : la réalisation de l’homme conformément à la vérité divine.

6. La connaissance comme reflet et soutien du but ultime de l’existence humaine

Selon la vision islamique, l’homme est le vice-gérant sur terre. Sa tâche est de percevoir la vérité de la vie et d’y vivre en conséquence. Pour cela, il doit suivre la guidance divine, qui a été confiée à tous les prophètes, de Adam à Muhammad (paix sur eux).

Il n’existe pas d’alternative légitime. Ce qui existe, ce sont des détours ou des déviations par rapport à cette guidance divine — déformées ou fabriquées par l’homme — qui empêchent l’homme de comprendre le sens réel de leur mission.

Il est vital pour l’homme d’acquérir la connaissance du Créateur, de ses devoirs envers Lui, de l’au-delà, et de l’univers métaphysique. Le Livre Sacré, le Coran, la chronique du monde selon ce texte, et l’histoire du prophète Muhammad en tant que sauveur universel, constituent autant de clés pour réaliser cette vérité. Bien que cela puisse sembler beaucoup, une étude organisée et continue permet à chaque individu de progresser dans cette connaissance intégrale.

Il est aussi important de distinguer la connaissance de la vérité de la simple connaissance profane : cette dernière, si elle est détachée de la finalité divine, devient inutile ou même nuisible.

7. La priorité : savoir la vérité pour mieux se former à l’éducation

La première révélation insiste sur la connaissance comme objet, et l’éducation comme moyen : la connaissance doit être acquise d’abord, la connaissance de la révélation divine, puis transmise par le biais de l’éducation en systèmes et méthodes adaptées. Car la vraie connaissance est un trésor, et l’éducation en est le véhicule.

Il est regrettable que dans beaucoup de sociétés musulmanes, la priorité soit donnée aux diplômes ou à la réputation des institutions plutôt qu’à leur contenu véridique. Beaucoup d’étudiants, notamment musulmans, partent étudier en Occident sans avoir la moindre idée de l’essence de leur foi, ni de l’histoire ou de la civilisation islamique, tout en étant exposés à des discours dénigrant leur propre religion ou culture.

De leur côté, certains gouvernements musulmans imitent aveuglément le modèle éducatif occidental, menant leur peuple à une dépresentation morale et spirituelle, et fragilisant leur civilisation.

Il est fréquent de constater qu’après 16 ans de scolarité, ces jeunes n’ont même pas eu la chance de lire le Coran ou d’en comprendre la sagesse. La mauvaise qualité ou le détournement de l’éducation montre l’échec systémique de nombreux systèmes éducatifs musulmans.

Les musulmans doivent comprendre qu’il ne suffit pas d’accumuler des diplômes — ils doivent véritablement chercher à connaître la vérité de leur foi et de leur propre histoire, dans une approche systématique, intégrée à leur formation autant formelle qu’informelle.

Ce qui est frappant, c’est que beaucoup d’établissements occidentaux prétendent être des centres d’excellence. Pourtant, ils n’offrent que peu ou pas du tout de ressources pour la foi islamique ou la connaissance du Créateur. À l’inverse, ils sont souvent des vecteurs de culture dénuée de spiritualité et de morale. Après tout, ces centres représentent parfois la nouvelle forme de paganisme modernisé.

La communauté musulmane gagnerait à ne plus nourrir ces institutions et à construire ses propres lieux de savoir conformes aux principes islamique. La nécessité d’un paradigme islamique authentique est capitale, et ne doit pas être compromis, même par souci de fierté ou de progrès matériel.

Il convient aussi de rappeler que, dans un contexte mondial, le silence face aux atrocités — comme celles contre les Palestiniens dans Gaza — montre le déficit moral de ces institutions, qui n’ont pas défendu la justice, la vérité ou la civilisation face à la barbarie.

Au contraire, ils ont souvent soutenu ces actions ou condamné ceux qui s’y opposaient, contribuant ainsi à nuire à la crédibilité de l’enseignement occidental et à révéler leur véritable position anti-truth. La question demeure : que doit faire un musulman face à ces institutions pour préserver sa foi et son intégrité ?

Le droit fondamental de chaque individu est celui de la connaissance, distincte de l’éducation, cette dernière étant un outil pour acquérir cette connaissance. Cependant, une éducation manipulée, qui privilégie une connaissance artificielle ou relative, sert souvent à contrôler et exploiter plutôt qu’à éclairer.

Une telle démarche vise à fabriquer des générations conformes aux intérêts de ceux qui détiennent le pouvoir, en façonnant des esprits manipulés, endoctrinés et soumis.

Par exemple, la priorité consacrée à l’éducation des femmes musulmanes ne doit pas masquer le besoin réel qu’elles aient une connaissance vraie, conforme à la révélation divine, plutôt qu’une formation désignée par des partisans aux motivations cachées.

En fin de compte, la connaissance est la véritable force qui a permis à la civilisation islamique de s’élever, alors que l’éducation, mal utilisée, a souvent été la cause de son déclin.

8. La civilisation islamique : une civilisation du don

Avec la première révélation dans la grotte Hira, un processus de construction civilisationnelle s’amorça. Malgré ses débuts modestes, il était clair que l’essence de cette nouvelle civilisation islamique résidait dans la vérité incarnée et manifestée à travers la connaissance.

Cette vérité, et cette connaissance authentique, n’ont pas été développées ou évoluées : elles ont été données par le divin, comme des dons. La tâche suivante consistait à intégrer ces deux piliers, à les mettre en pratique et à les transmettre au reste du monde.

De ce fait, la civilisation islamique n’est pas une civilisation en devenir, mais une entité essentiellement achevée dès ses origines. Elle n’a pas été construite sur une étape évolutive, mais sur une présence initiale parfaite. Elle est unique parce qu’elle s’est toujours orientée vers le don, plutôt que la consommation ou la conquête. La véritable force de cette civilisation a été sa contribution pour l’individu comme pour la société dans son ensemble.

En étant fondée sur la vérité et la connaissance authentique — qui sont éternelles et immuables — la civilisation islamique ne peut connaître de déclin. Ce qui peut faillir ou disparaitre, ce sont ses agents, ses porte-drapeaux et ses contextualisations temporaires. Son esprit, lui,, demeure en permanence, rayonnant à travers les attitudes et actions des individus, des fraternités, des familles, des mosquées, des écoles islamiques, des expressions culturelles, des festivals religieux, etc.

Il est donc erroné d’associer la civilisation islamique uniquement aux empires des califes omeyyades, abbassides ou ottomans. Ces entités ont été des garants passagers, qui ont exercé leur rôle pendant un temps. Leur chute ne signifie pas la fin de l’idée de civilisation islamique, qui, dans ses principes, continue de vivre à travers différentes périodes et formes, toujours active et influente.

Contrairement à d’autres civilisations qui ont sans fondement réel disparu en raison de l’absence de vérité et de connaissance authentiques, la civilisation islamique reste vivante dans sa conception divine. Le combat et la véritable identité persistante de cette civilisation résident dans l’ancrage dans la vérité, qui la maintient active, même lorsque ses porte-drapeaux terrestres changent.

Ce qui a mené au déclin ou à la disparition de nombreuses civilisations passées, c’est l’éloignement de la vérité et le rejet de la connaissance véritable. Leur puissance s’est dissolue faute de substance, laissant place à l’oubli et à l’effacement dans l’histoire. La conscience de cette vitalité interne garantit que la civilisation islamique, elle,, ne pourra jamais véritablement s’éteindre.

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Avatar de Abdelhafid Akhmim