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Les enseignements de l’Islam sur la protection de l’environnement : principes et valeurs à connaître

Il n’est un secret pour personne que la hausse du réchauffement climatique, causée par la pollution environnementale, représente aujourd’hui une menace croissante pour les communautés et pour de nombreuses traditions culturelles et rituelles à travers le monde.

Alors que le changement climatique s’intensifie de façon alarmante, les températures plus élevées et les vagues de chaleur rendent le pèlerinage annuel du Hajj, qui voit des millions de musulmans se rendre à La Mecque en Arabie Saoudite, de plus en plus risqué, en particulier pour ceux dont la santé est fragile.

Dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, le climat se réchauffe à un rythme inquiétant. Des chercheurs ont indiqué que l’Arabie Saoudite connaît une hausse de température 50 % supérieure à celle du reste de l’hémisphère Nord.

La date du Hajj se calcule selon le calendrier lunaire islamique, ce qui signifie qu’elle se décale d’environ 10 à 11 jours chaque année dans le calendrier grégorien. Ainsi, le pèlerinage a lieu à différentes saisons sur un cycle de aproximadamente 33 ans. Actuellement, le Hajj se tient pendant les mois d’été, ce qui expose les pèlerins à des risques extrêmes liés à la chaleur.

Chaque année, environ 2 millions de personnes participent à cette pratique religieuse. Elle s’étale sur environ cinq jours, dont une partie importante se déroule dehors, en plein air. Ces dernières années, les rituels exigeants du Hajj, effectués sous des températures diurnes pouvant atteindre 50°C, suivies de nuits chaudes, représentent un danger grave pouvant entraîner la mort.

En 2024, près de 1,8 million de pèlerins se sont rendus à La Mecque pour accomplir les rites sous un soleil ardent, dans des conditions d’humidité extrême, puis ont passé la nuit en plein air. La température à la Grande Mosquée de La Mecque durant la Hajj 2024 a atteint jusqu’à 51,8°C. La même année a été marquée par une tragédie avec le record de 1 300 décès, principalement dus à une défaillance liée à la chaleur et à des complications thermiques.

Les études prévoient qu’à cause du changement climatique, le risque associé au pèlerinage pourrait encore augmenter dans les années à venir. En effet, les conditions de chaleur et d’humidité dans les régions saoudiennes où se déroule le Hajj pourraient empirer, au point que les pèlerins risqueraient de faire face à un danger « extrême » pour leur santé.

Le calendrier du Hajj pourrait être déplacé vers les mois d’été les plus chauds aux alentours de 2050, ce qui poserait de graves risques pour les participants. Des mesures préventives devront donc être envisagées pour faire face à cette problématique. Par ailleurs, l’Arabie Saoudite a connu récemment une augmentation des événements pluvieux intensifs, notamment en fin d’été et en automne, provoquant des inondations importantes dans des régions comme La Mecque et Jeddah. Avec l’évolution des schémas climatiques, ces précipitations pourraient coïncider avec la saison du Hajj, compliquant encore la sécurité des pèlerins.

Le changement climatique rend le Hajj de plus en plus dangereux, ce qui constitue un signal important concernant la nécessité mondiale de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En tant que quatrième exportateur mondial de combustibles fossiles, l’Arabie Saoudite contribue de manière significative au réchauffement global en exportant cette même ressource qui participe à ces extrêmes de chaleur.

Les pays majoritairement musulmans doivent eux aussi jouer un rôle en contribuant à atténuer l’impact du changement climatique par l’adoption de politiques responsables en matière d’environnement. Les gouvernements des pays industrialisés et des nations musulmanes doivent mettre en œuvre des stratégies efficaces pour décarboner rapidement leurs industries, développer massivement les énergies renouvelables et éliminer progressivement les combustibles fossiles. Il est impératif de prendre des mesures concrètes pour réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre, afin de limiter le réchauffement global et ses conséquences. Faute d’agir, les dangers deviendraient encore plus importants.

Au-delà de la problématique spécifique du Hajj, la dégradation de l’environnement est devenue un souci planétaire qui ne touche pas seulement l’humanité, mais également les écosystèmes naturels du monde entier. Nombre de pays ont déjà subi de graves conséquences liées aux changements environnementaux, et tôt ou tard, chaque nation devra faire face aux défis que pose cette dégradation.

C’est pourquoi la protection de l’environnement est aujourd’hui une préoccupation cruciale pour toutes les nations, indépendamment de leur situation géographique. L’islam insiste sur un code de conduite basé sur la tolérance et la responsabilité envers tous les membres de la société ainsi qu’envers l’écosystème. Face aux ravages environnementaux globaux, il est d’autant plus essentiel de comprendre la perspective islamique sur la protection de la nature et d’agir en conséquence.

Causes et effets de la pollution

La pollution de l’environnement provient principalement des activités humaines, qui entraînent des modifications indésirables dans l’écosystème. Chaque être vivant, chaque plante, chaque élément non vivant sont interconnectés dans un vaste réseau de relations et d’interactions. La destruction d’un seul de ces éléments peut déclencher une réaction en chaîne impactant l’ensemble.

Parmi les causes majeures, on trouve la combustion de combustibles fossiles, les incendies de forêts sauvages, la démolition de bâtiments, les déchets industriels, l’exploitation minière, les déchets agricoles, une gestion inadéquate des ordures, l’urbanisation rapide, la croissance démographique, etc.

La charge de la pollution est partagée entre les pays développés et en développement. Elle affecte les facteurs essentiels à la vie, comme l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et, de façon plus large, les écosystèmes dont nous dépendons. La pollution constitue donc une menace grave pour la vie sur Terre. Elle cause aussi de graves problèmes de santé, augmentant la mortalité et impactant l’économie.

Les autres impacts socio-économiques incluent l’insécurité alimentaire due à la baisse des rendements agricoles, la migration forcée liée à la crise de l’eau, la dégradation de la couche d’ozone laissant passer davantage de rayons UV malfaisants pour la santé des humains, des plantes et des cultures. La pollution contribue également au réchauffement climatique en emprisonnant la chaleur dans l’atmosphère terrestre via les gaz à effet de serre.

Comprendre la nature

L’environnement englobe tout ce qui habite ou touche la sphère humaine : les habitations, le voisinage, les arbres, les animaux, les oiseaux, les plans d’eau, les montagnes, les rivières, les mers, les nuages, la pluie, l’ensoleillement, le vent… Tout ce que nous percevons ou ressentons fait partie de cette nature ou environnement. Tout comme l’homme, la nature est une entité vivante, créée par Allah (SWT).

Par conséquent, il est essentiel d’essayer de comprendre la nature aussi bien que nous comprenons un être humain. Allah (SWT) nous a donné des yeux, des oreilles, une intelligence, pour explorer et connaître le monde physique. Grâce à ces outils, nous pouvons décrypter le langage de la nature, percevoir qu’elle fait partie intégrante de notre vie et de notre société.

Les êtres humains, faisant partie de la création divine, entretiennent une relation étroite avec leur environnement : la nature est semblable à une mère, dont on dépend comme d’un ventre maternel ou d’un rayon de tendresse. Sans cette mère nourricière, notre existence serait impossible.

Protéger l’environnement est essentiel pour assurer la continuité de la vie humaine ici-bas. Si nous comprenons la nature et développons un amour profond pour elle, nous pourrons la préserver, car elle constitue l’un de nos besoins vitaux. En tant que musulmans, nous devons toujours réfléchir au bien-être de l’humanité tout entière et agir de façon responsable pour défendre la création divine.

La nature comme signe d’Allah

Allah (SWT) a créé la nature comme un signe de Sa puissance, afin que l’homme s’interroge et Lui obéisse. La présence de Ses signes dans le monde naturel est rappelée à maintes reprises dans le Coran. Voici quelques versets illustrant cela :

وَٱلْأَرْضَ مَدَدْنَـٰهَا وَأَلْقَيْنَا فِيهَا رَوَٰسِىَ وَأَنۢبَتْنَا فِيهَا مِن كُلِّ زَوْجٍۭ بَهِيجٍ

« Et la terre – Nous l’avons étendue, et y avons placé des montagnes fermes, et fait pousser en elle toutes sortes de beautés, un rappel pour tout serviteur se tournant vers Allah. » – [Coran 50:7-8]

يُنبِتُ لَكُم بِهِ الزَّرْعَ وَالزَّيْتُونَ وَالنَّخِيلَ وَالأَعْنَابَ وَمِن كُلِّ الثَّمَرَاتِ إِنَّ فِي ذَلِكَ لآيَةً لِّقَوْمٍ يَتَفَكَّرُونَ

« Il fait pousser pour vous la végétation, les olives, les palmiers, les raisins et toutes sortes de fruits ; en cela même, il y a un signe pour des gens qui méditent. » – [Coran 16:11].

وَهُوَ ٱلَّذِىٓ أَنزَلَ مِنَ ٱلسَّمَآءِ مَاءً فَأَخْرَجْنَا بِهِۦ نَبَاتَ كُلِّ شَىْءٍ فَأَخْرَجْنَا مِنْهُ خَضِرًا نُّخْرِجُ مِنْهُ حَبًّا مُّتَرَاكِبًا وَمِنَ

« C’est Lui qui fait descendre l’eau du ciel, et par elle Nous faisons sortir toutes choses. De cette eau, nous faisons pousser une verdure, duquel nous produisons des grains empilés, et des palmiers aux fruits pendants de leurs grappes, et des jardins de vignes, d’oliviers et de grenadiers, semblables ou différents. Regardez leurs fruits lorsqu’ils mûrissent, car il y a là des signes pour ceux qui croient. » – [Coran 6:99].

Observer la nature et y méditer représente une étape très importante dans le parcours spirituel du musulman. Ces versets nous invitent à réfléchir aux créations divines, pour prendre conscience que la souveraineté d’Allah englobe tous les éléments indispensables de l’univers. En contemplant le ciel, les montagnes, les arbres, les océans, le cycle jour/nuit, nous pouvons percevoir la perfection de Ses œuvres.

L’écosystème ordonné, riche de toute une vie, est un signe évident de la grandeur d’Allah. Il faut réaliser que l’univers lui-même est un signe d’une réalité supérieure, d’un mystère qui dépasse sa simple apparence, sans quoi l’univers, avec tous ses processus naturels, ne pourrait perdurer. Tous ces signes constituent une preuve éclatante que Allah est l’Unique, le Vrai Dieu.

Perfection dans la création

Allah (SWT) a créé l’univers dans la perfection. Et Il nous a zero en attirant notre attention dans le Coran :

ٱلَّذِى خَلَقَ سَبْعَ سَمَـٰوَٰتٍ طِبَاقًا مَّا تَرَىٰ فِى خَلْقِ ٱلرَّحْمَـٰنِ مِن تَفَـٰوُتٍ فَٱرْجِعِ ٱلْبَصَرَ هَلْ تَرَىٰ مِن فُطُورٍ

« C’est Lui qui a créé sept cieux, l’un au-dessus de l’autre. Tu ne vois aucune faille dans la création du Tout Miséricordieux. Revois encore, la vue se lasse-t-elle ? » – [Coran 67:3-4].

Allah (SWT) n’a laissé place à aucune imperfection dans Sa création. Il l’a conçue avec une harmonie parfaite, en établissant des lois naturelles qui permettent à l’univers de continuer à fonctionner et à durer selon Sa volonté.

Avant même la création de l’humanité, Allah (SWT) a façonné un monde magnifique composé de mers, montagnes, plaines, arbres, animaux, airs, eaux, nuages, nuits, jours, établissant ainsi un écosystème équilibré, propice à la vie humaine. Lorsque le monde était prêt, Allah y a placé l’homme.

Le but de la création

Chaque création de Allah détient un objectif précis. La finalité de l’univers est de faire prendre conscience à l’homme de la perfection de la création et de lui faire avoir confiance dans la grandeur, la sagesse divine. Allah a déployé autour de nous toutes les ressources nécessaires pour assurer notre confort et notre bonheur dans cette vie. Nous devons en prendre soin, les préserver, pour que les générations futures puissent en bénéficier.

Allah (SWT) désire que l’humanité profite de Ses bénédictions, qu’elle médite sur Son Créateur, qu’elle L’adore en gratitude. Il nous enseigne aussi à aimer la nature et Ses créations, ce qui renforcera notre foi et notre amour pour Lui. En islam, la morale occupe une place centrale dans la relation entre l’homme, la nature et Dieu.

Les humains comme dépositaires de la Terre

Le Créateur Tout-Puissant a confié aux humains le rôle de vice-gérants sur la planète. Lors de la création d’Adam, Allah (SWT) a dit aux anges qu’Il allait faire de l’homme Son Khalifah, ses dépositaires. Dans le Coran, Allah affirme :

وَإِذْ قَالَ رَبُّكَ لِلْمَلَـٰٓئِكَةِ إِنِّى جَاعِلٌ فِى ٱلْأَرْضِ خَلِيفَةً قَالُوٓا أَتَجْعَلُ فِيهَا مَن يُفْسِدُ فِيهَا

« Lorsqu’Allah dit aux anges : Je vais mettre un vice-gérant sur la terre, ils ont dit : Vas-Tu y placer celui qui y sèmera la corruption, et versera le sang ? — Et nous, nous prolongeons ta louange et sanctifions ton nom. Allah répondit : Je sais ce que vous ne savez pas. » – [Coran 2:30].

Ce verset montre que l’humanité a été nommée Khalifah, c’est-à-dire dépositaires de la Terre. Être Khalifah implique une responsabilité immense : agir comme des gestionnaires responsables de Ses créations, y compris la nature.

L’islam enseigne que l’homme est le gardien de la planète et de ses richesses vertes et animales, océaniques, désertiques, et agricoles. La notion de ‘amanah’ (fidélité, confiance) est essentielle : il s’agit de prendre soin de la ressource divine, en préserver la pureté et la biosphère pour qu’elle perdure pour les générations présentes et futures.

Ce mandat n’est pas une domination absolue ou un contrôle débridé, mais une responsabilité de respecter et de sauvegarder les qualités naturelles et la fonctionnalité de la nature pour permettre à la création divine de prospérer.

Notre rôle de Khalifah

En tant que khalifah, ou gestionnaires de ce monde, nous avons le devoir de gouverner la Terre dans le respect de la finalité divine. Il nous incombe de préserver la santé de la nature, de la protéger de tout dégât et de veiller à son bon fonctionnement durable.

En gestion responsable, nous devons veiller à ce que l’écosystème fonctionne harmonieuseent. Allah, Le Généreux, nous a doté de multiples bienfaits. Toutes ces créations sont des ni’ama (bénédictions) de Dieu, qu’il faut traiter avec respect. Chaque ressource doit être utilisée de manière mesurée, dans l’optique de pérenniser le bonheur que la providence divine nous offre.

Les musulmans devront faire preuve de vigilance morale pour défendre la création divine. Lors du jugement, ils seront tenus responsables de leurs actions envers eux-mêmes, les autres êtres vivants, et ce monde.

En tant que dépositaires terrestres, agir selon la volonté d’Allah est imperative. Sinon, sa colère peut s’abattre sur nous à travers des catastrophes naturelles ou d’autres calamités.

Il est urgent de prendre conscience que la planète souffre aujourd’hui des excès et de l’irresponsabilité humaine. La guidance divine, contenue dans le Coran, nous impose de respecter l’environnement qui nous a été confié : la protéger, la préserver, en suivant ses lois.

La gestion de la nature, manifestation de la foi

Dans l’islam, agir de manière juste et responsable vis-à-vis de l’environnement se traduit par le concept d’‘ihsan’ : la bonté, la bienfaisance. Prendre soin de la création, traiter chaque être viv ant ou non, comme une manifestation de foi, est une preuve de piété envers Allah. Ainsi, faire preuve d’‘ihsan’ envers la nature est une forme d’adoration qui plaît à Dieu.

Les musulmans doivent veiller à une gestion exemplaire de l’environnement. La gestion, la répartition et l’utilisation responsable des ressources naturelles sont considérées comme des actes de righteousness, qui renforcent la foi et rapprochent de Allah (SWT).

La perfection dans l’ordre et l’équilibre

Allah (SWT) a créé l’univers selon un ordre précis, avec chaque élément en juste proportion, à sa place. Le Coran affirme :

إِنَّا كُلَّ شَىْءٍ خَلَقْنَـٰهُ بِقَدَرٍ

« En vérité, Nous avons créé toute chose selon une mesure. » – [Coran 54:49].

Cet ordre, cette harmonie, sont des preuves que l’univers a été créé dans un équilibre précis. L’homme doit respecter cette harmonie, conserver cet équilibre en évitant de produire des déchets ou de causer des déséquilibres, qui nuiraient à la biosphère.

Le Coran rappelle que l’homme doit préserver cet ordre en évitant la corruption de la création, en veillant à ne pas provoquer de désordre ou de dégradation :

وَلَا تَفْسِدُوا۟ فِى ٱلْأَرْضِ بَعْدَ إِصْلَاحِهَا وَٱدْعُوهُ خَوْفًا وَطَمَعًا إِنَّ رَحْمَتَ ٱللَّهِ قَرِيبٌ لِّلْمُحْسِنِينَ

« Ne répandez pas la corruption sur la terre, après qu’elle a été bien rétablie. Et invoquez-Le avec crainte et espoir, car la miséricorde d’Allah est proche des bienfaisants. » – [Coran 7:56].

Il est donc crucial d’agir avec modération, en assurant un usage équilibré des ressources naturelles, afin de ne pas dépasser les limites imposées par l’écosystème.

Les catastrophes comme conséquence des actes humains

Les calamités actuelles ne sont que les conséquences de comportements irresponsables de l’homme. La main de l’humain cause aujourd’hui beaucoup de destructions. Le Coran met en garde :

ظَهَرَ ٱلْفَسَادُ فِى ٱلْبَرِّ وَٱلْبَحْرِ بِمَا كَسَبَتْ أَيْدِ ٱلنَّاسِ لِيُذِيقَهُمْ بَعْضَ ٱلَّذِى عَمِلُوا۟ لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ

« La corruption a apparaillé sur terre et en mer, à cause de ce que les hommes ont acquis, afin qu’ils en goûtent une partie de ce qu’ils ont fait — peut-être reviendront-ils. » – [Coran 30:41].

Le terme ‘fasad’, ou corruption, évoque toutes formes de dégradation : négligence environnementale, perversion ou utilisation déséquilibrée des ressources naturelles. Toutes les destructions terrestres ou marines proviennent d’actes injustes de l’homme.

Allah, qui a créé la terre, a établi des lois naturelles qui régissent ses phénomènes. Si ces lois sont perturbées, des catastrophes naturelles surviennent, affectant nos vies. Chaque malheur que nous subissons est le fruit de nos propres actes qui violent ces lois divines.

Les désastres et dégradations environnementales dans le monde entier résultent de l’appât du gain et de l’irresponsabilité humaine. Par conséquent, les musulmans ont une obligation morale de prendre soin de l’environnement, en respectant chaque être vivant.

Pratiques islamiques de protection de l’environnement

Allah (SWT) a doté la Terre d’une myriade de créations, toutes interdépendantes pour leur croissance et leur survie, établissant un équilibre écologique. L’islam nous encourage à méditer sur la majesté du Tout-Puissant. Préserver la nature est une responsabilité fondamentale pour chaque musulman, étant donné qu’elle est indissociable de la religion.

En développant de bonnes pratiques, avec l’intention de protéger la Création divine ainsi que la Terre, nous pouvons espérer plaire à Allah et obtenir Sa récompense. En tant que Khalifah (vice-gérant) de la Terre, chaque musulman doit veiller à gérer au mieux ses ressources naturelles, en maintenant sa qualité et son équilibre.

La conscience écologique et la préservation des ressources naturelles sont des éléments essentiels de la foi islamique. En tant que gestionnaires responsables, nous devons prendre soin du sol, de l’air, de l’eau, des animaux, des arbres et de tout ce qui compose la nature, en utilisant ces ressources de façon durable pour que les bénédictions divines perdurent.

Plusieurs principes et pratiques concrètes en Islam encouragent la protection de l’environnement. Parmi elles :

(i) Utilisation responsable des ressources : Tout gaspillage ou mauvais usage est strictement prohibé. Le Coran rappelle :

إِنَّ الْمُبَذِّرِينَ كَانُوا۟ إِخْوَٲنَ ٱللَّشَـٰطِينَ وَكَانَ ٱلشَّيْطَـٰنُ لِرَبِّهِۦ كَفُورًا

« Les dissipateurs sont frères des diables. Et le Diable est ingrat envers son Seigneur. » – [Coran 17:27].

Il est essentiel de ne pas gaspiller l’eau, ressource précieuse pour la survie, et de l’utiliser avec sagesse. La même logique s’applique aux autres ressources : combustibles fossiles, minerais, forêts, poissons, animaux… Leur utilisation doit être prudente et mesurée.

(ii) Réduction de la pollution : L’islam et la tradition prophétique insistent sur un environnement propre et sain, libre de pollution. Il faut s’abstenir de déverser des déchets, déchets chimiques en mer ou rivière, d’émettre la fumée industrielle dans l’air ou de brûler à l’air libre, car toutes ces actions portent atteinte à l’écosystème et nuisent à tous.

Les musulmans doivent éviter ces activités, car ils seront responsables devant Dieu de leurs méfaits.

(iii) Protection des arbres et des plantes : La religion insiste sur la nécessité de ne pas couper de manière inconsidérée, de ne pas polluer les eaux, et au contraire, de planter des arbres. La plantation d’arbres et la reforestation sont considérées comme de nobles actions, recherchées par Allah. Le Coran évoque abondamment les cultures et fruits, et le Prophète Muhammad (paix soit sur lui) en a enseigné l’importance en encourageant la plantation d’arbres, en soulignant que cela constitue une œuvre de charité (hadiths de Bukhari et Muslim).

(iv) Consommation responsable : Allah désapprouve l’excès, la consommation superflue. Le Coran précise :

يَا بَنِي آدَمَ خُذُوا زِينَتَكُمْ عِندَ كُلِّ مَسْجِدٍ وَكُلُوا۟ وَٱشْرَبُوا۟ وَلَا تُسْرِفُوا۟ إِنَّهُۥ لَا يُحِبُّ ٱلْمُسْرِفِينَ

« Enfants d’Adam, prenez votre parure à chaque lieu de prière, et mangez, buvez sans excès. Car Il n’aime pas ceux qui gaspillent. » – [Coran 7:31].

Ainsi, l’islam recommande une consommation mesurée, évitant tout gaspillage. La plupart des problèmes environnementaux modernes trouvent leur origine dans cette surconsommation et cette mauvaise gestion des ressources.

En suivant ces principes et pratiques islamiques, il devient possible de créer un monde plus sain et durable pour les générations à venir. La responsabilité de chaque musulman est de connaître ces éléments, de veiller à ne pas nuire à la nature, et d’oeuvrer à sa régénération. La réduction de la pollution, la gestion sage des ressources naturelles, constituent les seules voies pour protéger l’humanité des extrêmes climatiques. Il est urgent que toutes les nations collaborent pour réduire efficacement la pollution et améliorer le climat mondial. Une telle démarche collective ne peut qu’assurer un environnement plus vert, permettant aux pèlerins d’accomplir un ‘Hajj vert’, en toute sécurité contre les risques de chaleur extrême.

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