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L’armée de l’air israélienne a ignoré les avertissements avant les attaques du 7 octobre, selon une enquête interne

Image générique d’un soldat de Tsahal. Crédit éditorial : Roman Yanushevsky / Shutterstock.com

Une enquête interne a révélé que l’armée de l’air israélienne (IAF) n’avait pas agi sur la base des renseignements avant les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023, malgré la détection de signes avant-coureurs, selon la chaîne d’information israélienne Channel 14.

Le rapport indique que les unités de surveillance de l’IAF ont remarqué une activité inhabituelle de la part du Hamas dans les heures précédant le début des attaques. Ils ont détecté des signaux de transmission anormaux en provenance de Gaza, suggérant des préparatifs pour une frappe. Cependant, ces informations « sont restées au sein de l’armée de l’air » et n’ont jamais été partagées avec le commandement supérieur ou d’autres branches de l’armée israélienne.

Vers 2h30, des alertes « d’activité anormale » déclenchent des appels entre officiers opérationnels. Certains ont été invités à se préparer, mais aucune action décisive sur le terrain n’a été entreprise. Il est choquant de constater que le commandant de l’armée de l’air Tomer Bar « est resté endormi jusqu’à 5 heures du matin sans recevoir un seul appel », a rapporté la Quatorzième chaîne. Le système de renseignement de l’IAF a détecté des signaux en direct en provenance de Gaza mais n’a pas réussi à augmenter le niveau d’alerte ni à activer les protocoles d’urgence. L’armée s’est retrouvée « prise dans une dormance sans précédent » au début de l’attaque.

Panne de l’armée de l’air

L’enquête interne a mis en évidence de graves lacunes dans la prise de décision et le partage d’informations. Malgré des renseignements « suffisants pour mettre l’armée en état d’alerte », aucun ordre d’urgence n’a été émis. Les avions et les équipages n’ont pas été mis en attente et aucune réponse opérationnelle n’a été lancée dans les heures qui ont précédé l’assaut du Hamas.

La version initiale de l’enquête, présentée aux hauts dirigeants de l’IAF début 2024, aurait provoqué un « choc interne ». Il a directement cité la négligence et a documenté de multiples échecs dans la transmission de renseignements exploitables. Cependant, une grande partie de ce langage a été adoucie ou supprimée dans les versions ultérieures, selon le rapport. Une version « plus propre et plus douce » a finalement été présentée.

Le manque de coordination entre les branches militaires, le retard dans l’escalade des alertes et l’incapacité de communication entre les unités de renseignement et les unités opérationnelles ont tous contribué à ce manque de préparation catastrophique. Cela s’ajoute à la liste croissante des échecs institutionnels actuellement sous surveillance.

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Réactions des dirigeants

Les événements du 7 octobre ont été largement reconnus en Israël comme un échec historique dans les secteurs militaire, politique et du renseignement. Une fuite audio avait précédemment capturé l’ancien chef d’état-major Herzi Halevi exprimant son admiration pour la « tromperie » employée par le Hamas. L’actuel chef d’état-major, Eyal Zamir, s’est montré plus direct, affirmant que l’armée « avait échoué dans sa mission de protection de l’État et de ses citoyens » ce jour-là.

Eyal Zamir. Licence Wikimédia Commons.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu plaide en faveur d’une enquête officielle d’État, mais a clairement indiqué qu’un tel processus ne devrait pas lui imputer de responsabilité personnelle. Ses détracteurs ont décrit cela comme une « tentative hystérique d’échapper à la responsabilité ».

Plus tôt dans l’année, un panel civil avait conclu que Netanyahu avait personnellement manqué à son devoir, déclarant qu’il « avait conduit le pays vers le plus grand désastre de son histoire ».

Les conséquences des attaques du 7 octobre 2023 ont déclenché une réponse militaire israélienne dévastatrice à Gaza. Près de 69 000 Palestiniens ont été tués selon le ministère de la Santé de Gaza, dont une majorité de femmes et d’enfants. Plus de 170 000 autres personnes ont été blessées.

L’ampleur de l’offensive a rendu une grande partie de Gaza inhabitable. Les villes et les infrastructures ont été rasées et les agences humanitaires ont tiré la sonnette d’alarme quant à l’impact à long terme des déplacements, de la destruction et des traumatismes sur la population.

Alors que les enquêtes sur le manque de préparation de l’armée israélienne d’occupation se poursuivent, les conséquences plus larges de cette journée se font encore sentir en Israël et dans la région. L’incapacité d’agir de l’IAF n’est qu’une partie d’une crise plus profonde de responsabilité à laquelle Israël est confronté tant sur le plan interne qu’international.

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