Les inquiétudes grandissent quant à la santé de l’ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan, son parti avertissant que son état s’est détérioré en détention et exigeant un accès médical urgent et indépendant.
Khan, qui est détenu à la prison d’Adiala à Rawalpindi, souffrirait d’une détérioration de sa vue ainsi que d’un déclin plus large de sa condition physique, selon son parti, Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI).
Dans un communiqué publié lundi, le PTI a déclaré que l’accès restreint à des soins médicaux appropriés et les périodes d’isolement cellulaire ont contribué à la détérioration de sa santé.
« Son état se détériore et nécessite des soins médicaux indépendants immédiats », a indiqué le parti.
Le PTI a également exprimé ses inquiétudes quant à la transparence des évaluations médicales effectuées à l’intérieur de la prison, arguant qu’elles ont été menées sans la présence des médecins personnels ou des membres de la famille de Khan.

Le parti a déclaré que cela soulève de sérieuses questions quant à la crédibilité des rapports et à la protection des droits des patients de l’ancien premier ministre.
Le parti a demandé le transfert immédiat de Khan à l’hôpital international Shifa d’Islamabad pour un examen médical complet et indépendant, se concentrant particulièrement sur son état oculaire signalé.
Il a souligné que les établissements pénitentiaires ne sont pas équipés pour gérer le niveau de soins requis dans son cas.
Le PTI a en outre exigé un accès illimité aux médecins de confiance de Khan, notamment le Dr Faisal Sultan et le Dr Asim Yousaf, et a insisté pour qu’au moins un membre de la famille soit présent lors de toute procédure médicale.
Le parti a déclaré que de telles mesures sont nécessaires pour garantir la transparence et la responsabilité dans son traitement.

En outre, le PTI a exhorté les autorités à publier les dossiers médicaux complets, y compris l’imagerie rétinienne et d’autres tests liés à la vision, pour examen indépendant. Il a fait valoir que la rétention de ces informations ne fait qu’alimenter davantage de soupçons quant à l’adéquation des soins prodigués.
L’équipe juridique met en garde contre une « condition critique »
Dans un message distinct transmis par l’intermédiaire de son équipe juridique, Khan aurait décrit son état de « critique » et averti que les autorités seraient tenues pour responsables si quelque chose lui arrivait en détention. Cette déclaration a intensifié les inquiétudes de ses partisans et alliés politiques.
Malgré l’inquiétude croissante concernant son état de santé, Khan a demandé aux dirigeants du parti de suspendre temporairement les manifestations à Islamabad. Cette décision marque un changement stratégique de la part du PTI alors qu’il fait face aux défis juridiques actuels et aux tensions politiques dans le pays.
Des inquiétudes ont également été exprimées quant à la santé du haut dirigeant du PTI, Ijaz Chaudhry, qui reste emprisonné et souffrirait apparemment d’une maladie rénale avancée. Selon le parti, son état ne peut pas être traité de manière adéquate dans les établissements pénitentiaires et il a demandé son transfert d’urgence vers un hôpital pour des soins spécialisés.
Le PTI a souligné que l’accès à des soins de santé appropriés est un droit fondamental de tous les détenus, quelle que soit leur affiliation politique ou leur statut juridique. Le parti a averti que des retards persistants dans la fourniture d’un traitement médical approprié pourraient présenter de graves risques pour la vie des prisonniers.
Cette situation survient dans un contexte de tensions politiques persistantes au Pakistan après la destitution de Khan en 2022. Depuis lors, il a fait face à de nombreuses affaires judiciaires, qui, selon ses partisans, sont politiquement motivées. Les autorités ont toutefois systématiquement nié ces allégations, affirmant que ces cas reposaient sur des bases juridiques.
Outre les inquiétudes concernant la santé de Khan, le PTI a également critiqué la détérioration des conditions économiques du pays, soulignant la hausse de l’inflation, l’augmentation des prix de l’électricité et du gaz et les pénuries affectant à la fois les ménages et les entreprises. Le parti a fait valoir que ces problèmes ajoutent à la frustration du public à une époque d’incertitude politique.
Pour l’instant, l’accent reste fermement mis sur l’état de Khan en prison, son parti continuant de faire pression pour une intervention médicale immédiate et transparente. Le PTI a averti que tout retard supplémentaire dans la fourniture de soins indépendants pourrait avoir de graves conséquences, car les appels se font de plus en plus forts pour que les autorités garantissent sa santé et sa sécurité en détention.






