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Un faux médecin emprisonné pour circoncision perd son appel

Mohammed Alazawi. Photo : Police des West Midlands.

La Cour d’appel a confirmé les condamnations d’un homme qui prétendait faussement être un médecin qualifié alors qu’il pratiquait des circoncisions religieuses sur des enfants et des adultes, mais a réduit sa peine de prison de neuf à six ans.

L’appel de Mohammad Alazawi contre sa condamnation a été rejeté par le tribunal, qui a jugé que les procédures qu’il effectuait ne relevaient pas de la protection normalement accordée à la circoncision religieuse légale en raison de la manière dont elles étaient pratiquées et de sa tromperie sur ses qualifications.

L’affaire devrait être étudiée de près par les communautés musulmane et juive de Grande-Bretagne, car elle clarifie le cadre juridique entourant la circoncision religieuse non thérapeutique en Angleterre et au Pays de Galles.

Pour les familles musulmanes, le jugement confirme que la pratique elle-même reste légale. Cependant, cela sert également d’avertissement : les praticiens qui prétendent faussement avoir des qualifications médicales ou effectuent des procédures d’une manière qui expose les patients à des risques inutiles peuvent encourir de graves responsabilités pénales.

La décision devrait donc influencer le fonctionnement futur des services religieux de circoncision, en mettant davantage l’accent sur la transparence, la compétence et la sécurité des patients, tout en préservant la reconnaissance juridique établie de longue date de la pratique elle-même.

Fausse prétendre être médecin

Alazawi dirigeait un service privé de circoncision et se présentait comme un chirurgien médicalement qualifié alors qu’il ne l’était pas.

À l’issue d’un procès de neuf semaines devant la Crown Court de Southwark, il a été reconnu coupable de multiples infractions, notamment de fraude par fausse représentation, de sept chefs de blessures intentionnelles en vertu de l’article 18 de la loi de 1861 sur les infractions contre la personne, d’un chef d’agression ayant entraîné des lésions corporelles réelles et d’infractions au Règlement sur les médicaments à usage humain relatives à l’utilisation illégale de médicaments sur ordonnance.

L’accusation a fait valoir que les parents et les patients avaient consenti à ces procédures en croyant à tort qu’Alazawi était un médecin qualifié et que les circoncisions étaient effectuées de manière dangereuse, exposant les patients à des risques importants et inutiles.

Les infractions ont eu lieu entre octobre 2016 et janvier 2022 lors de circoncisions masculines non thérapeutiques pratiquées à des adresses privées à travers le Royaume-Uni, y compris à Birmingham.

L’enquête a débuté après qu’un enfant a souffert de complications suite à une procédure à Birmingham, ce qui a donné lieu à une enquête de sept ans menée par la police des West Midlands qui a identifié des victimes dans tout le pays.

Les tribunaux ont estimé qu’il avait causé un préjudice illégal à un certain nombre de patients. Plusieurs victimes ont subi des blessures et des complications, et l’enquête a débuté après qu’un jeune garçon ait dû être hospitalisé d’urgence à la suite d’une circoncision à Birmingham.

Les preuves recueillies lors de l’essai ont montré que certains patients présentaient des saignements excessifs, des infections, de mauvais résultats esthétiques et d’autres complications.

Circoncision. Photo : Shutterstock.

La circoncision religieuse reste légale

Un aspect clé de l’appel portait sur la question de savoir si la circoncision religieuse non médicale reste légale en vertu du droit anglais.

La Cour n’a catégoriquement pas interdit cette pratique. Au lieu de cela, Lady Justice May, le juge Saini et Son Honneur le juge Picton ont réaffirmé que la circoncision masculine religieuse continue d’être reconnue comme une exception légale à l’interdiction pénale générale d’infliger intentionnellement des lésions corporelles.

Les juges ont toutefois souligné que l’exception n’est pas illimitée.

La Cour a statué que le consentement seul est insuffisant lorsque les procédures sont effectuées par quelqu’un qui trompe les familles sur leurs qualifications ou dont la conduite est bien en deçà des normes attendues d’un praticien compétent et prudent.

En particulier, la Cour a souligné l’administration d’une anesthésie locale à Alazawi alors qu’il ne possédait pas les qualifications médicales appropriées, estimant qu’aucun circonciseur non médical compétent n’aurait dû entreprendre une telle procédure.

Précision importante pour les communautés musulmanes

Le jugement devrait rassurer de nombreuses familles musulmanes qui craignaient que l’appel ne porte atteinte à la légalité de la circoncision religieuse elle-même.

Plutôt que de remettre en question la pratique islamique ou juive, la Cour a fait une distinction entre la circoncision religieuse légale pratiquée par des praticiens compétents et les comportements criminels impliquant fraude, tromperie et procédures dangereuses.

Les juges ont reconnu que le droit anglais reconnaît depuis longtemps la circoncision religieuse comme légale, malgré l’absence d’un cadre réglementaire statutaire régissant les praticiens non médicaux.

La décision renforce donc l’importance pour les parents de veiller à ce que toute personne pratiquant l’excision soit correctement formée, compétente et transparente quant à ses qualifications.

Peine réduite

Bien que la Cour ait rejeté toute contestation des condamnations d’Alazawi, elle a reconnu que des erreurs avaient été commises lors de la détermination de la peine.

Le juge du procès initial a imposé des peines consécutives qui ont abouti à une peine d’emprisonnement totale de neuf ans.

La Cour d’appel a conclu qu’il s’agissait d’un élément de double comptabilisation parce que les infractions de fraude et de violence se chevauchaient considérablement.

Il s’est également dit préoccupé par le fait que le juge chargé de la détermination de la peine semblait avoir été influencé par le plus grand nombre de circoncisions pratiquées par Alazawi au fil des ans, plutôt que de se concentrer uniquement sur les infractions portées devant le tribunal.

En conséquence, la Cour a substitué une peine totale de six ans d’emprisonnement tout en laissant intactes toutes les condamnations.

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