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Sondage : 92 % des Israéliens pensent que l’Iran a gagné la guerre

TÉHÉRAN, IRAN – 14 JUIN : les Iraniens se rassemblent sur la place Enghelab à Téhéran pour observer et célébrer les représailles du pays à l’aide de missiles balistiques contre Israël, à la suite des frappes israéliennes du 14 juin 2025. Les gens ont brandi des drapeaux iraniens, palestiniens et du Hezbollah et scandé des slogans tout en remerciant les responsables militaires lors du rassemblement à grande échelle. ( Fatemeh Bahrami – Agence Anadolu )

Une nouvelle enquête menée par l’Université hébraïque de Jérusalem révèle que plus de neuf Israéliens sur dix pensent que Téhéran est sorti vainqueur du conflit.

Le sondage, réalisé en partenariat avec l’Institut Agam entre le 17 et le 20 juin auprès de 3 644 personnes interrogées, a révélé que 92,1 % des personnes interrogées pensent que l’Iran « a gagné ou a gagné davantage » grâce à la récente guerre et à l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran.

Les résultats ont été largement rapportés dans les médias israéliens et internationaux, bien que le rapport complet de l’enquête n’ait pas encore été rendu public.

Les résultats représentent un changement remarquable dans l’humeur du public en Israël et soulignent un mécontentement croissant à l’égard de la gestion du conflit par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Selon l’enquête, 82,9 % des personnes interrogées ont déclaré que la sécurité à long terme d’Israël avait en fait été affaiblie par la guerre, contredisant directement les affirmations du gouvernement selon lesquelles la campagne militaire avait considérablement amélioré la position stratégique d’Israël.

Près de 88 % ont déclaré qu’Israël n’avait pas réussi à atteindre ses objectifs militaires ou ne les avait que partiellement atteints.

Ce qui est peut-être le plus dommageable pour Netanyahu personnellement, c’est que près des trois quarts des personnes interrogées (72,5 %) ont déclaré qu’elles ne croyaient pas à ses affirmations répétées selon lesquelles Israël avait éliminé une menace existentielle ou obtenu un succès militaire décisif.

Plus de la moitié (56,4 %) ont qualifié sa gestion de la guerre de « mauvaise » ou d’échec total.

Les médias israéliens ont décrit ces conclusions comme reflétant une profonde crise de confiance dans les dirigeants politiques du pays.

WASHINGTON DC, ÉTATS-UNIS – 4 FÉVRIER : Le président des États-Unis Donald Trump (non vu) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu tiennent une conférence de presse conjointe dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, DC, États-Unis, le 4 février 2025. ( Celal Güneş – Agence Anadolu)

La chaîne de télévision i24NEWS a déclaré que l’enquête révélait une « profonde méfiance » parmi les Israéliens à l’égard à la fois de l’issue de la guerre et de l’accord conclu avec Washington.

D’autres commentateurs israéliens ont noté que les résultats contrastent fortement avec le large soutien public qui existait lorsque les opérations militaires contre l’Iran ont commencé plus tôt cette année.

L’enquête suggère également que les critiques s’étendent bien au-delà de l’opposition politique israélienne. Selon les résultats publiés, même parmi les électeurs alignés sur le bloc de droite de Netanyahu, plus de 93 % pensent que l’Iran est devenu le camp qui a le plus gagné du conflit.

L’opposition à l’accord américano-iranien était également très répandue. Environ 63 % des personnes interrogées se sont opposées à l’accord, tandis qu’environ 12 % seulement ont exprimé leur soutien.

Ces conclusions arrivent à un moment politiquement sensible pour Netanyahu, qui fait déjà face à des critiques croissantes au niveau national concernant la gestion par Israël de plusieurs fronts, notamment à Gaza et au Liban. Un récent sondage israélien a montré un déclin du soutien au Premier ministre et un soutien croissant aux personnalités de l’opposition à l’approche des élections prévues plus tard cette année.

Pourquoi les Israéliens croient-ils que l’Iran a gagné ?

  • Israël n’a pas atteint ses objectifs stratégiques déclarés :

Les dirigeants israéliens avaient fait valoir que cette campagne dégraderait considérablement le programme nucléaire et les capacités de missiles de l’Iran et rétablirait la dissuasion à long terme. De nombreux Israéliens semblent avoir conclu que ces objectifs n’étaient pas pleinement atteints. Le sondage aurait révélé que près de 88 % des personnes interrogées pensaient qu’Israël n’avait pas atteint ses objectifs ou ne l’avait fait que partiellement.

Malgré les lourdes frappes israéliennes et américaines, le gouvernement iranien a survécu, a continué à fonctionner et a conservé une grande partie de son leadership militaire et politique. Pour de nombreux observateurs, le simple fait de survivre à une confrontation avec Israël et les États-Unis peut être considéré comme un succès stratégique.

  • Dommages à la dissuasion d’Israël :

Environ 83 % estiment que la sécurité à long terme d’Israël a été affaiblie. Pendant le conflit, les frappes de missiles iraniens ont pénétré les défenses aériennes israéliennes et touché les infrastructures militaires et civiles. Bien qu’Israël ait intercepté de nombreux missiles, les attaques ont démontré des vulnérabilités qui ont fait l’objet d’une large couverture dans les médias israéliens.

  • La façon dont le conflit s’est terminé :

Certains commentateurs israéliens ont fait valoir que le cessez-le-feu et l’accord ultérieur entre les États-Unis et l’Iran n’ont pas produit le résultat décisif promis. Si l’opinion publique s’attendait à ce que les capacités de l’Iran soient fondamentalement réduites, mais voyait plutôt une fin négociée des combats, beaucoup auraient pu interpréter cela comme un avantage pour l’Iran.

  • Méfiance à l’égard du gouvernement de Netanyahu :

L’enquête aurait révélé qu’environ 72,5 % des personnes interrogées ne croyaient pas aux affirmations du Premier ministre Netanyahu concernant le succès de la guerre. Le mécontentement du public à l’égard de la gestion du conflit par le gouvernement aurait pu influencer la perception de l’issue du conflit indépendamment des événements militaires.

  • La dimension psychologique de la victoire :

Les guerres sont souvent jugées autant politiquement que militairement. Même si les deux camps ont infligé des dégâts importants, les personnes interrogées ont conclu que l’Iran avait gagné en prestige, renforcé son image de résilience ou atteint ses objectifs politiques simplement en résistant à la campagne.

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