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Les Serbes célèbrent l’anniversaire de la province séparatiste fondée sur le génocide anti-musulman

BANJA LUKA, BOSNIE-HERZÉGOVINE – 9 JANVIER : Des unités de police défilent aux côtés de véhicules militaires lors d’un défilé marquant la Journée de la Republika Srpska, que la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine a jugée inconstitutionnelle en 2016 mais qui continue d’être observée par l’entité de la Republika Srpska, à Banja Luka, en Bosnie-Herzégovine, le 9 janvier 2026. ( Miomir Lakic – Agence Anadolu )

Les Serbes ont célébré aujourd’hui le 33e anniversaire de la Republika Srpska, une entité fondée sur le génocide des villes musulmanes de Bosnie.

Les autorités de la Republika Srpska ont organisé des défilés militaires et des événements officiels le 9 janvier pour marquer ce qu’elles appellent la fête nationale de l’entité.

Des unités de police défilent aux côtés de véhicules militaires lors d’un défilé marquant la Journée de la Republika Srpska (Miomir Lakic – Agence Anadolu)
(Miomir Lakic – Agence Anadolu)

La célébration a été organisée par le gouvernement de Banja Luka, avec la participation d’unités de police et de dirigeants politiques.

La Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine a statué en 2016 que le 9 janvier ne pouvait pas être reconnu comme jour férié.

Le 9 janvier marque la déclaration de 1992 de la « République serbe de Bosnie-Herzégovine ».

Cette déclaration a précédé le déclenchement de la guerre en Bosnie et la campagne visant à expulser par la force les musulmans de vastes zones du pays. Cette campagne comprenait des massacres, des camps de concentration, des viols systématiques et la destruction des mosquées et du patrimoine musulman.

Plus de 100 000 personnes ont été tuées pendant la guerre, pour la plupart des musulmans bosniaques.

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Les violences ont culminé avec le génocide de Srebrenica en 1995, au cours duquel plus de 8 000 hommes et garçons bosniaques ont été exécutés par les forces serbes de Bosnie. Les tribunaux internationaux ont jugé qu’il s’agissait d’un génocide.

Célébration du génocide

La Republika Srpska a ensuite été officiellement reconnue comme l’une des deux entités de Bosnie dans le cadre de l’Accord de paix de Dayton. Cependant, son territoire a été découpé à la suite de crimes de guerre et de nettoyage ethnique.

Des villes comme Višegrad, Foča et Banja Luka, autrefois majoritairement musulmanes pendant des centaines d’années, ont été ethniquement nettoyées et largement dépeuplées au cours des années 1990, avec des mosquées détruites et des milliers de personnes déplacées.

Aujourd’hui, Banja Luka, désormais capitale de la province séparatiste dominée par les Serbes, ne compte plus que peu de musulmans.

Photo prise le 9 janvier 2023 montrant les couleurs du drapeau serbe sur le pont de Visegrad, site de l’un des massacres les plus brutaux contre les musulmans. Aujourd’hui, c’est un symbole de la victoire de la Serbie. (Photo, réseaux sociaux)

À Višegrad, l’anniversaire est marqué par la célébration du génocide, avec des drapeaux et des slogans honorant des criminels de guerre comme Ratko Mladić et Radovan Karadžić.

Ces célébrations ont lieu sur le même pont ottoman sur lequel les musulmans ont été massacrés et jetés.

Aujourd’hui, ce pont est pour de nombreux Serbes le symbole de la victoire contre les Musulmans.

Dans les écoles, ces personnages sont parfois célébrés comme des héros, alimentant le sentiment anti-musulman et anti-bosniaque. Cette journée déclenche donc un récit troublant selon lequel les musulmans n’ont jamais eu leur place dans la région, renforçant l’idée selon laquelle la fondation de la Republika Srpska était une étape vers une Bosnie libre de musulmans.

La date est également liée à la fête orthodoxe serbe de la Saint-Étienne, renforçant ainsi son caractère religieux et ethnique.

La Cour constitutionnelle de Bosnie a déclaré que cela violait l’obligation du pays de rester neutre entre les communautés.

Endoctrinement serbe

Les écoles de la Republika Srpska utilisent des manuels qui minimisent ou nient le génocide.

Les criminels de guerre reconnus coupables tels que Radovan Karadžić et Ratko Mladić sont souvent présentés comme des dirigeants de guerre plutôt que comme des auteurs de meurtres de masse.

Les peintures murales, les plaques et le matériel étudiant dans toute l’entité font référence à ces personnages comme des héros.

Les survivants de Srebrenica et d’autres massacres ont protesté à plusieurs reprises.

Le Bureau du Haut Représentant et l’OSCE ont tous deux averti que la célébration du 9 janvier porte atteinte à l’ordre constitutionnel de la Bosnie et célèbre le génocide de son peuple musulman.

Aucun responsable de la Republika Srpska n’a été sanctionné cette année pour avoir défié la décision du tribunal. Les cérémonies se sont déroulées sous une forte présence policière.

Pour les musulmans bosniaques, le 9 janvier n’est pas une fête culturelle. C’est l’anniversaire d’un projet politique qui a produit des charniers, détruit les communautés musulmanes et laissé des dizaines de milliers de familles sans père, sans fils ou sans foyer.

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