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Les Musulmans ont-ils découvert l’Amérique avant Christophe Colomb ?

Les contributions révolutionnaires des savants musulmans durant l’Âge d’Or islamique

Durant l’Âge d’Or islamique, les érudits musulmans ont apporté des contributions majeures dans des domaines tels que l’astronomie, les mathématiques et la cartographie. La reconnaissance de ces travaux souligne une riche tradition intellectuelle et démontre que l’avancement scientifique a toujours été une démarche globale et collaborative, dépassant les frontières d’une seule civilisation ou époque.

Une perspective eurocentrique sur la découverte de l’Amérique

Souvent, l’histoire de la découverte de l’Amérique est racontée en mettant Christopher Columbus au premier plan — il aurait navigué vers l’ouest en 1492 pour prouver que la Terre était ronde, découvrant alors un “ nouveau monde”. Toutefois, cette narration eurocentrique occulte non seulement les peuples autochtones qui peuplaient les Amériques depuis des millénaires, mais aussi des voyages antérieurs qui ont traversé l’Atlantique bien avant Columbus, notamment ceux effectués par des explorateurs musulmans durant l’Âge d’Or islamique.

Voir : 1421 : L’année où un musulman chinois aurait découvert l’Amérique

L’apogée de la géographie islamique

La géographie islamique a culminé entre le VIIIe et le XIVe siècle, une période où le vaste empire musulman s’étendait de l’Espagne à l’Inde. Avec un système politique relativement unifié et une sécurité accrue sur les routes commerciales, les scientifiques et érudits musulmans ont développé une compréhension sophistiquée du monde. La géographie, qui s’est nourrie autant de l’astronomie que des mathématiques, est devenue une discipline respectée, produisant certains des calculs et des cartes les plus précis du monde médiéval.

Les avancées géographiques et cartographiques des musulmans

Les géographes musulmans de l’États abbasside utilisaient la trigonométrie avancée et la géométrie sphérique pour estimer le diamètre et la circonférence de la Terre avec une précision remarquable. Bien avant l’invention des satellites ou des télescopes, ils ont calculé le diamètre terrestre à seulement 37 kilomètres de sa taille réelle et la circonférence à une distance de 100 kilomètres de la valeur correcte. Ces exploits démantèlent ainsi le mythe persistant selon lequel les gens du Moyen Âge croyaient que la Terre était plate — une idée encore répandue parmi certains navigateurs et érudits.

Une contribution significative à la cartographie

Au-delà de la précision mathématique, la géographie islamique a largement contribué à la cartographie. Les cartes grecques, notamment celles de Ptolémée, ont non seulement été préservées, mais aussi améliorées par les savants musulmans. L’un des accomplissements majeurs fut l’atlas mondial réalisé par Muhammad al-Idrisi au XIIe siècle en Sicile, sous la protection du roi Roger II. Ce recueil, d’une richesse et d’une précision exceptionnelles pendant plusieurs siècles, comprenait non seulement des détails géographiques mais aussi des insights culturels et politiques.

Des récits transatlantiques mystérieux

Ce qui est encore plus fascinant, ce sont les récits d’explorations transatlantiques attribués à des musulmans. Plusieurs rapports crédibles évoquent la possibilité que des explorateurs musulmans aient atteint les Amériques bien avant Columbus. Par exemple, al-Mas‘udi, géographe et historien du Xe siècle, décrit un voyage depuis l’Espagne musulmane, en 889, ayant accosté sur une grande terre au large de l’Atlantique. Une autre narration, rapportée par al-Idrisi, mentionne des marins musulmans capturés, puis libérés par des autochtones, dont l’un aurait parlé arabe.

Voir : Al-Biruni a-t-il découvert l’Amérique ?

Une expédition mystérieuse en Afrique de l’Ouest

Le récit le plus intrigant provient d’Afrique de l’Ouest. Ibn Battuta, célèbre voyageur musulman, relate qu’au XIVe siècle, Mansa Abu Bakr, souverain du Mali, aurait lancé une expédition de 2000 navires en direction de l’Atlantique. Seul l’un d’eux serait revenu, évoquant des tempêtes et des aperçus de terres au-delà de l’océan. La destinée de la flotte d’Abu Bakr reste inconnue, mais ces récits soulèvent de sérieuses questions sur qui pourrait avoir exploré puis atteint le continent américain en premier.

Bien que ces témoignages ne constituent pas des preuves définitives, ils remettent en question l’histoire conventionnelle de l’exploration. La contribution musulmane à la géographie, la cartographie, et peut-être même à la découverte transatlantique, mérite une reconnaissance accrue, non seulement pour leur exactitude historique, mais aussi pour leur rôle dans l’expansion de la curiosité et du courage humains dans la cartographie du monde.

Référence : Lost Islamic History par Firas Al Kateeb

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