Actualités

Le Royaume-Uni accorde de nouveaux pouvoirs pour réprimer les « groupes soutenus par des États étrangers »

Ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni. Photo : Shutterstock.

Le Royaume-Uni a adopté de nouvelles lois accordant de nouveaux pouvoirs au ministre de l’Intérieur pour réprimer les groupes menant des « activités hostiles au nom d’États étrangers », qui pourraient inclure le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien.

La police et les services de renseignement se voient désormais accorder des pouvoirs supplémentaires pour restreindre et interdire les groupes qu’ils estiment « mener des activités hostiles à l’égard d’États étrangers, y compris de leurs mandataires ».

Les pouvoirs supplémentaires sont devenus une loi officielle le 8 juillet en vertu de la loi sur la sécurité nationale (menaces de l’État).

Le communiqué de presse du gouvernement fait spécifiquement référence à « la récente vague d’attaques antisémites odieuses » comme raison de cette loi, déclarant que la législation accordera des pouvoirs s’apparentant à ceux d’une interdiction.

« Le ministre de l’Intérieur s’est vu attribuer de nouveaux pouvoirs de type antiterroriste pour cibler des groupes travaillant à la demande ou dans l’intérêt d’États étrangers pour commettre des actes qui menacent la sécurité du Royaume-Uni et celle des communautés à travers le pays. Cela pourrait inclure des attaques contre des communautés particulières, le ciblage de dissidents sur le sol britannique ou des cyberattaques contre des infrastructures nationales critiques », indique le communiqué.

Shabana Mahmood, ministre britannique de l’Intérieur. (Photo : Parlement britannique).

La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood a déclaré : « Assurer la sécurité de notre pays et de nos communautés est le premier devoir de tout gouvernement. C’est pourquoi nous avons pris des mesures décisives pour faire face à la menace croissante posée par les États étrangers agressifs. »

« Grâce à ces nouveaux pouvoirs, nous allons plus loin dans le démantèlement et la dissuasion des activités hostiles. Cette loi donne à la police et aux agences de renseignement les outils dont elles ont besoin pour poursuivre les puissances étrangères et leurs mandataires, et mieux protéger nos communautés, nos institutions et nos valeurs démocratiques. »

Répercussions

La déclaration poursuit en décrivant comment le soutien à une organisation désignée, y compris la glorification ou l’encouragement de ses activités, sera passible de poursuites.

Cela inclut l’assistance ou la réception de paiements d’une organisation désignée.

D’autres craintes concernant le nouveau projet de loi incluent la criminalisation potentielle des correspondants britanniques à l’étranger et des travailleurs d’ONG qui s’engagent avec des groupes désignés soutenus par l’État.

Des examinateurs indépendants de la législation antiterroriste ont averti que la formulation vague du projet de loi risquait de criminaliser les journalistes et pourrait conduire à des peines de prison pouvant aller jusqu’à 14 ans.

Cependant, un porte-parole du ministère de l’Intérieur a déclaré : « Ce projet de loi ne fait rien pour saper le travail vital qu’effectuent les journalistes, et toute suggestion contraire est absolument fausse. L’activité légitime, y compris les libertés journalistiques, est protégée par le projet de loi, ainsi que l’engagement diplomatique et humanitaire. »

« Nous avons dans ce pays une fière tradition de défense de la liberté de la presse. En effet, il est de notre obligation de garantir que les journalistes ont les moyens de mener à bien leur travail. »

Définitions vagues

Les critiques ont également mis en garde contre la formulation vague du projet de loi, en particulier en ce qui concerne ce qui constitue une « activité de menace d’une puissance étrangère » ou une « expression de soutien ».

LONDRES, ROYAUME-UNI – 4 OCTOBRE : La police arrête des manifestants alors que les gens organisent une manifestation pour exiger du gouvernement britannique qu’il lève son interdiction sur le groupe Palestine Action à Trafalgar Square à Londres, au Royaume-Uni, le 4 octobre 2025. La manifestation a eu lieu après que Defend Our Juries (DOJ), le groupe organisateur, a déclaré plus tôt cette semaine que plus de 1 500 personnes s’étaient engagées à y assister.
(Raşid Necati Aslım – Agence Anadolu)

Le 17 juin, le député Jeremy Corbyn a déclaré que le projet de loi constituait « une expansion alarmante du pouvoir de l’État et une escalade de l’attaque effrayante du gouvernement contre le droit de manifester ».

Corbyn a souligné l’arrestation de plus de 3 000 partisans de Palestine Action depuis juillet 2025 en vertu d’une législation terroriste similaire.

L’interdiction de Palestine Action a été jugée illégale le mois dernier après que cinq juges ont annulé la décision de la Haute Cour en février.

Laisser un commentaire

Avatar de Abdelhafid Akhmim