Saïf al-Islam Kadhafi, le fils du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi, a été abattu à son domicile de la ville de Zintan après que des hommes armés masqués ont pris d’assaut la propriété, selon son équipe politique et des sources locales.
Saïf al-Islam Kadhafi, largement considéré comme le fils le plus influent de Mouammar Kadhafi, a été tué mardi soir dans ce que ses alliés ont décrit comme un assassinat ciblé. Des sources proches de la famille, son avocat Khaled Al-Zaidi et des médias libyens ont indiqué qu’il avait été abattu à l’intérieur de sa résidence de cette ville du nord-ouest du pays.
Son équipe politique a déclaré que « quatre hommes masqués » sont entrés de force dans la maison et ont commis ce qu’ils ont décrit comme un « assassinat lâche et perfide ». M. Al-Zaidi a confirmé le décès dans une publication sur Facebook, mais n’a fourni aucun autre détail sur les assaillants ou sur les circonstances du meurtre.
Selon certaines informations, les assaillants ont désactivé le système de vidéosurveillance de la maison avant d’affronter Saïf al-Islam. Des récits suggèrent qu’il s’est affronté avec les assaillants après que les caméras ont été éteintes, « dans une tentative désespérée de dissimuler les traces de leurs crimes odieux ». La séquence exacte des événements reste floue et aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité.
Détails du meurtre
Le cousin de Saïf al-Islam, Hamid Kadhafi, a annoncé publiquement sa mort, affirmant qu’il était « tombé en martyr ». Il a déclaré que l’emplacement du complexe avait été gardé secret, soulevant des questions sur la manière dont les assaillants ont pu accéder à la propriété.
Zintan se trouve à environ 136 kilomètres au sud-ouest de Tripoli et est depuis longtemps contrôlée par de puissants groupes armés locaux. Saïf al Islam y vivait depuis sa libération en 2017, restant largement hors de la vue du public malgré ses ambitions politiques persistantes.
Cet assassinat fait craindre un regain d’instabilité en Libye, où les assassinats politiques et les violences des milices ont sapé à plusieurs reprises les efforts visant à restaurer l’unité nationale depuis le soulèvement de 2011 qui a mis fin aux quatre décennies au pouvoir de Kadhafi.
Héritage politique
Né en juin 1972 à Tripoli, Saïf al-Islam était le deuxième fils de Mouammar Kadhafi et de sa seconde épouse, Safia Farkash. Parlant couramment l’anglais, il a étudié à la London School of Economics et a souvent été présenté comme le visage réformiste du régime sous le règne de son père.
Il a joué un rôle de premier plan dans la politique libyenne avant 2011, agissant en tant que conseiller principal et diplomate informel pour son père. De nombreux gouvernements étrangers le considéraient comme un successeur potentiel susceptible d’adoucir l’image internationale de la Libye tout en préservant la structure du pouvoir existante.
Cette image s’est effondrée lors du soulèvement de 2011, lorsque Saïf al-Islam a publiquement défendu la violente répression contre les manifestants. Après que son père ait été évincé et tué, il a été capturé par des combattants anti-Kadhafi en novembre 2011 et détenu par une milice à Zintan pendant près de six ans.
Batailles juridiques
En 2015, un tribunal libyen a condamné Saif al-Islam à mort par contumace pour son rôle dans la répression des manifestations et pour le meurtre de manifestants pendant la révolution. Il a nié les accusations mais est resté une personnalité profondément polarisante à travers le pays.
Il était également recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité liés aux violences de 2011. Malgré le mandat d’arrêt, il a été libéré en juin 2017 après qu’un des gouvernements rivaux de la Libye lui ait accordé une amnistie, une décision critiquée par les groupes de défense des droits humains.
Depuis sa libération, Saïf al Islam vivait tranquillement à Zintan, même si son statut juridique et sa liberté de mouvement restaient contestés dans le paysage politique libyen fragmenté.
Ambitions électorales
En novembre 2021, Saïf al-Islam a annoncé son intention de se présenter à la présidence, une décision qui a suscité l’indignation des factions anti-Kadhafi dans l’ouest et l’est de la Libye. Les partisans considéraient sa candidature comme une voie vers la stabilité, tandis que les critiques y voyaient un retour à un régime autoritaire.
La Haute commission électorale nationale libyenne l’a finalement disqualifié de la course, invoquant des problèmes d’ordre juridique et d’éligibilité. L’élection elle-même a ensuite été annulée en raison de profonds différends entre les administrations rivales et les groupes armés.
Plus d’une décennie après le renversement de Mouammar Kadhafi, la Libye reste divisée entre des gouvernements, des milices et des factions politiques concurrents. L’assassinat de Saïf al-Islam ajoute une couche d’incertitude supplémentaire dans un pays qui lutte toujours pour réconcilier son passé avec un présent instable.






