Un nouveau rapport du centre de recherche en islamophobie de l’Université de York a révélé une augmentation spectaculaire des incidents de haine ciblant les communautés musulmanes, palestiniennes et arabes à travers le Canada depuis le 7 octobre 2023.
Intitulé «Documenter« l’exception de la Palestine »», le rapport, rédigé par le Dr Nadia Hasan, révèle un pic «net et dangereux» pouvant aller jusqu’à 1800% dans les crimes de haine islamophobe et anti-palestiniens dans certaines régions, ainsi que les efforts systémiques pour réprimer le plaidoyer pour les droits palestiniens.
S’appuyant sur des consultations avec 16 organisations canadiennes, des données publiques et des rapports des médias d’octobre 2023 à novembre 2024, le rapport souligne le besoin urgent d’une réforme des politiques pour répondre à cette crise croissante.
« Les conséquences d’octobre 2023 ont déclenché une vague de racisme anti-palestinien, d’islamophobie et de racisme anti-arabe qui imprègne de nombreux aspects de la vie canadienne », a déclaré le Dr Hasan lors d’une conférence de presse à Ottawa.
Le rapport présente le concept de «l’exception de la Palestine», défini comme «un modèle systémique où le discours sur la Palestine est examiné de manière disproportionnée, restreinte ou silencieuse par rapport à d’autres questions de droits de l’homme.»
Il fait valoir que cette suppression opère souvent sous le prétexte de lutter contre l’antisémitisme, en tirant parti de la définition internationale de l’Alliance du Souvenir de l’Holocauste (IHRA), qui, selon les critiques, confond la critique des politiques israéliennes avec un sentiment anti-juif.
«La définition de l’IHRA a été armée pour faire taire les voix plaidant pour les droits palestiniens», indique le rapport, notant son adoption dans les institutions canadiennes depuis 2019, le contrôle du plaidoyer palestinien a accru le plaidoyer palestinien.
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Des études de cas révèlent une censure systémique
Le rapport met en évidence plusieurs cas illustrant «l’exception de la Palestine».
En 2023, le Dr Sarah Al-Najjar, un professeur titulaire, a fait face à des mesures disciplinaires après avoir organisé un panel universitaire sur la libération palestinienne.
L’événement a été annulé à la suite de plaintes de groupes de plaidoyer alléguant des «tropes antisémites», conduisant à sa suspension temporaire.
«Cette affaire illustre la façon dont les accusations d’antisémitisme sont utilisées pour policier le discours académique sur la Palestine», note le rapport.
En 2024, le Collective de solidarité palestinienne (PSC), un groupe d’étudiants de l’Université de Toronto, a été interdit des activités du campus pour la distribution de dépliants critiquant les colonialisms israéliens.
L’université a cité les «problèmes de sécurité communautaire» – une justification selon laquelle le rapport est appliquée de manière disproportionnée au plaidoyer palestinien.
De même, un segment de la CBC 2023 sur le déplacement palestinien à Jérusalem-Est a été retiré après le contrecoup des groupes pro-israéliens, soulignant comment «les médias grand public capitulent souvent aux pressions externes, limitant les rapports nuancés sur la Palestine».
Un climat de peur et de stéréotypes résurgents
Le rapport situe «l’exception de la Palestine» dans une résurgence plus large de l’islamophobie, amplifiée par des récits d’extrême droite.

Amira Elghawaby, représentante spéciale du Canada sur la lutte contre l’islamophobie, a averti: «Nous voyons la censure et le silence des Canadiens défendant les droits de l’homme palestiniens, avec de réelles conséquences pour leurs moyens de subsistance et leurs avoirs.»
Elle a ajouté: « Les vieux tropes de la post-11 septembre sont de retour, amplifiés par l’extrême droite, déshumanisant les Canadiens palestiniens, musulmans et arabes. »
La haine physique et en ligne a également augmenté. L’Institut de dialogue stratégique a enregistré une augmentation de 422% du discours de haine anti-musulman sur X entre le 7 et le 29 octobre 2023.
Les incidents incluent une femme musulmane à Oshawa, en Ontario, faisant retirer son hijab de force lors d’une attaque en 2024 et une autre agressée lors d’une manifestation pro-palestine à Ottawa.
De nombreuses victimes s’autocenseur pour éviter de nouvelles répercussions. « La peur d’être étiqueté antisémite ou de perdre son subsistance crée une culture du silence », a déclaré le Dr Yasmin Jiwani, co-auteur.
Appels urgents à la réforme
Le rapport propose 15 recommandations, notamment en adoptant une définition formelle du racisme anti-palestinien, en améliorant la responsabilité des crimes motivés de la haine et en menant des enquêtes indépendantes sur les réponses institutionnelles, en particulier dans les écoles et les universités.
Il exhorte les universités à protéger la liberté académique et les médias à adopter des normes éditoriales transparentes.
«Les institutions doivent favoriser les espaces où les perspectives palestiniennes peuvent être entendues sans crainte de représailles», souligne le rapport.
Les résultats ont déclenché des réponses variées. L’Association palestinienne canadienne a salué le rapport comme «une étape vitale vers le démantèlement des biais systémiques», tandis que le Centre d’Israël et des affaires juives l’a critiqué pour avoir minimisé l’antisémitisme dans les espaces militants.
Les auteurs du rapport ont contrer que leur travail cherche à protéger les communautés juives et palestiniennes en favorisant le dialogue ouvert.






