Le Parti de la liberté d’extrême droite autrichien (FPÖ), la faction la plus importante au Parlement, a appelé à une série de mesures anti-islam sévères, notamment une interdiction générale du foulard dans les écoles, une nouvelle « loi interdisant l’islam politique » et un arrêt immédiat de l’immigration de masse.
En réponse aux projets du gouvernement de coalition au pouvoir d’introduire une interdiction du port du foulard pour les filles de moins de 14 ans à l’école à partir de l’année 2026/2027, le FPO a exigé des mesures supplémentaires, estimant que cette mesure ne va pas assez loin dans la lutte contre « l’extrémisme islamique ».
Dans un communiqué, le parti a déclaré : « Premièrement, la ‘nouvelle migration de masse’ doit être stoppée immédiatement et, deuxièmement, l’islam politique doit être clairement interdit par la loi.
« Le foulard est un symbole de l’Islam politique, de l’oppression et du paternalisme des femmes, et n’a donc pas sa place dans nos écoles. »
Le FPO estime que les plans du gouvernement sont insuffisants et espère qu’il pourra faire pression sur la coalition au pouvoir pour qu’elle mette en œuvre des mesures anti-islam plus sévères dans un contexte d’islamophobie croissante dans le paysage politique autrichien.
Le FPO est devenu la faction parlementaire la plus puissante avec 28,8 % des voix lors des dernières élections nationales et a été critiqué à plusieurs reprises pour sa rhétorique islamophobe et raciste bien documentée.
Un rapport de l’ONG autrichienne SOS Mitmensch cite une vidéo partagée par le leader du FPO, Herbert Kickl, décrivant l’Autriche d’aujourd’hui comme un endroit cauchemardesque, utilisant des images sombres pour présenter les musulmans et les Noirs comme des menaces.
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SOS Mitmensch a également souligné les remarques des membres du Conseil national du FPO, Dagmar Belakowitsch et Susanne Furst, qui ont qualifié les écoliers musulmans de « perturbateurs » et les ont présentés dans des termes cohérents avec les notions extrémistes d’extrême « échange de population ».
En février 2025, un conseiller municipal désigné du FPO à Hohenberg, en Basse-Autriche, a publié une vidéo TikTok dans laquelle il disait : « Vous, les réfugiés, savez déjà où est votre place : dans le four », et ajoutait : « Vous, les Tschuschen, vous et vos familles, avez tous votre place dans la chambre ».
« Tschuschen » est un terme allemand autrichien péjoratif désignant les personnes originaires de l’Europe du Sud-Est ou du Moyen-Orient. La référence à une « chambre » est largement comprise comme une allusion aux chambres à gaz nazies.
La vidéo se serait terminée par un homme politique effectuant un « salut hitlérien ».
L’islamophobie en hausse
L’Autriche a enregistré l’année dernière le plus grand nombre d’incidents d’islamophobie depuis le début des enregistrements en 2015, selon les données publiées par le Centre de documentation autrichien sur l’islamophobie et le racisme anti-musulman.
Leur rapport annuel indique que le nombre de cas signalés a augmenté en 2024, en particulier depuis le déclenchement de la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza en 2023.
Le premier endroit où davantage de cas ont été signalés à partir d’octobre a été observé dans les écoles, selon le rapport. Dans le secteur de l’éducation, une recrudescence des incidents anti-musulmans a été signalée tant par les parents que par les élèves et les enseignants.

Les musulmans ont été déshumanisés et comparés à des animaux dans les commentaires en ligne, selon le rapport.
Selon le rapport, 40,8 % de tous les cas signalés concernaient une inégalité de traitement et 19,5 % des insultes. La propagation de la haine représentait 8,9% et 2,6% concernaient des agressions physiques.
Les incidents restants ont été répartis dans les catégories de vandalisme (7,5 %), violences policières (7,3 %), menaces dangereuses (3,2 %), incitation à la haine (1,8 %), intimidation et harcèlement criminel (0,8 %) et autres (7,7 %).
Dans son rapport, le Centre de documentation souligne que ses statistiques ne constituent qu’un instantané et que le nombre réel de cas serait nettement plus élevé.
Guerre contre l’Islam politique
Le 9 novembre 2020, l’Autriche a mené une opération policière massive, baptisée Opération Louxor, impliquant environ 930 policiers.
Des policiers lourdement armés ont perquisitionné plus de 70 foyers et institutions musulmans sur la base de fausses accusations de terrorisme. Aucune arrestation n’a été effectuée, aucune condamnation n’a été prononcée, mais les raids ont causé des dommages durables à la communauté musulmane locale.
Les conférences de presse et les séances de photos organisées par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Karl Nehammer, ont lancé un avertissement clair : les musulmans d’Autriche seraient désormais traités comme une menace permanente pour la sécurité, leurs vies étant surveillées et contrôlées.
De cette idéologie est née toute une infrastructure : le Centre de documentation sur l’islam politique, financé par l’État, la fameuse « Carte de l’Islam » répertoriant publiquement les institutions musulmanes, le Forum de Vienne, une conférence internationale présentant les musulmans comme des menaces à la sécurité, et un appareil élargi de lutte contre l’extrémisme violent (CVE) et de lutte contre le terrorisme.
Ce qui a commencé comme un sujet de discussion d’extrême droite a maintenant migré vers le courant dominant, adopté même par les partis centristes et libéraux. Il est plus probable que des lois anti-islam telles que celles suggérées par le FPÖ deviennent réalité dans un avenir proche.






