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La Syrie et Israël ont tenu des conférences médiatisées aux États-Unis à Paris

Le ministre syrien des Affaires étrangères Asaad al-Shaibani (à droite) et le ministre des Affaires stratégiques israéliennes Ron Dermer (à gauche)

La Syrie et Israël ont eu des pourparlers directs à Paris cette semaine, discutant de la désescalade et de la non-interférence au milieu de la violence continue dans le sud de la Syrie et les frappes aériennes israéliennes.

Le ministre des Affaires étrangères en Syrie, Asaad Al-Shaibani, a rencontré mardi des responsables israéliens à Paris sous la médiation américaine. Selon Syrien State Media Sana, l’ordre du jour comprenait l’assouplissement des tensions et la préservation de la souveraineté syrienne.

Les pourparlers marquent une autre cycle de diplomatie tranquille après la chute de Bashar al-Assad, ainsi que de souligner les efforts de Washington pour façonner la dynamique de sécurité régionale.

Il a été le dernier d’une série de contacts discrets facilités par les États-Unis. Les réunions se sont concentrées sur l’évitement de l’escalade en Syrie et l’empêche de conflits plus larges dans la région.

Les Druze et le drapeau israélien, ont agité par les FDI qui restent dans le sud de la Syrie occupée.

Les responsables ont également discuté de la relance de l’accord de désengagement de 1974, qui a établi un tampon non monté dans les Golan Heights, bien qu’Israël occupe le territoire depuis 1967.

Après l’effondrement du gouvernement d’Assad en décembre dernier, Israël a déclaré l’accord de 1974 et une activité militaire élargie sur le territoire syrien, citant les menaces de sécurité du Hezbollah et de l’Iran.

Il n’y a eu aucune déclaration immédiate de la part des responsables israéliens concernant la réunion de Paris, mais les médias israéliens ont rapporté que le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer avait assisté aux côtés de l’envoi américain Tom Barrack.

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Les pourparlers de Paris ont suivi une autre réunion entre Shaibani et Dermer en Azerbaïdjan le mois dernier. Les analystes ont déclaré que la fréquence de ces contacts signale la poussée de l’administration Trump pour la désescalade régionale.

Militias Druze

La violence dans la province sud de Sweida a intensifié l’urgence des pourparlers. Des affrontements ont éclaté en juillet entre les factions de Druze, les tribus bédouines et les forces gouvernementales, faisant plus de 1 400 morts.

Israël a lancé des frappes aériennes sur Sweida et Damas pendant les troubles. Israël a élaboré leur agression militaire comme «protégeant» la minorité de Druze, mais Israël a été largement accusé d’exploiter les divisions sectaires pour occuper un territoire plus syrien.

Une trêve commerciale aux États-Unis a été annoncée le 18 juillet, mais des questions restent quant à savoir si elle peut offrir une stabilité durable dans le sud fracturé en Syrie.

Le nouveau gouvernement syrien a eu du mal à consolider l’autorité depuis la chute de Bashar al-Assad le 8 décembre 2024. Le président Ahmed Al-Sharaa a été confronté à des défis en cours des milices sectaires, des réseaux loyalistes d’Assad et des forces démocratiques syriennes kurdes (SDF) à l’Est.

La violence sectaire s’est depuis répandue à d’autres régions. En mars, les attaques des loyalistes d’Assad en Latakie ont déclenché des meurtres de vengeance contre Alawis, la secte à laquelle appartient Assad.

Les observateurs disent que la violence souligne à quel point la Syrie est fragile même après le renversement d’Assad.

Violations israéliennes

Israël, quant à lui, continue de frapper le territoire syrien. Le mois dernier, les Jets israéliens ont ciblé le palais présidentiel et le siège militaire à Damas.

Les responsables ont justifié l’agression comme une grève préventive contre les postes du Hezbollah.

Une infographie intitulée exposant l’expansion israélienne en Syrie à partir du 8 décembre 2024. (Murat Usubali – Agence Anadolu)

Malgré ces attaques, Washington insiste sur le fait que sa médiation vise à réduire la violence.

Les responsables américains ont indiqué à plusieurs reprises que leur objectif était de préserver l’unité de la Syrie tout en protégeant les problèmes de sécurité d’Israël.

La réunion de Paris reflète donc à la fois la convergence et la contradiction. D’une part, il montre que la Syrie et Israël engageaient diplomatiquement, alors qu’en réalité, Israël continue de bombarder la Syrie en toute impunité.

Les analystes soutiennent que les négociations concernent moins la réconciliation que la gestion des conflits. Les deux parties restent officiellement en guerre sans traité de paix depuis 1948.

Pourtant, les discussions reflètent également des réalités changeantes après la chute d’Assad. Avec le pouvoir désormais fragmenté, la Syrie fait face à des interférences externes et à l’instabilité interne.

Certains observateurs syriens ont critiqué les pourparlers comme légitimant l’occupation par Israël des terres syriennes, tandis que d’autres soutiennent que le dialogue est nécessaire pour éviter un nouveau cycle d’effusion de sang.

L’implication de Washington souligne son double rôle: la défense des intérêts stratégiques d’Israël tout en se présentant comme un médiateur, qui, selon les critiques, diminue sérieusement la crédibilité des négociations.

Les pourparlers montrent que le nouveau leadership de la Syrie est disposé à s’asseoir à la table avec des ennemis historiques et existentiels – si cela se traduit par la stabilité de la Syrie reste incertain.

Pour l’instant, l’issue de la réunion de Paris se limite aux vagues «compréhensions». Les deux parties ont convenu en principe pour empêcher l’escalade, mais la mise en œuvre dépendra d’une dynamique locale fragile.

Avec plus de réunions attendues dans les prochains mois, les observateurs surveilleront de près. Ce qui est clair, c’est que l’avenir de la Syrie reste lié aux rivalités régionales et à la médiation de grande puissance.

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