Les Palestiniens célèbrent la Journée des prisonniers cette année au milieu d’avertissements croissants concernant une escalade sans précédent des abus dans les prisons de l’occupation israélienne, où sont actuellement détenus plus de 9 600 Palestiniens, dont environ 350 enfants et 86 femmes.
Les groupes de prisonniers palestiniens affirment également qu’au moins 1 251 Palestiniens enlevés à Gaza sont détenus selon la classification israélienne des « combattants illégaux », à l’exclusion des autres détenus dans des camps militaires.
Célébrée chaque année le 17 avril, la Journée des prisonniers palestiniens a été créée pour la première fois en 1974 pour commémorer et désigner une journée de plaidoyer en faveur de la liberté des détenus et de leur rôle dans la lutte nationale palestinienne.
Ces dernières années, cette journée est devenue synonyme de sensibilisation aux violations systématiques des droits de l’homme et aux brutalités auxquelles les Palestiniens sont injustement confrontés dans les prisons israéliennes.
Torture, famine et négligence médicale

Les organisations palestiniennes de défense des droits affirment que le dossier des prisonniers est entré dans l’une de ses phases les plus dangereuses, les détenus étant confrontés à la torture, à la famine, à la négligence médicale, à l’isolement cellulaire et à des abus systématiques, en particulier depuis le début de la guerre génocidaire contre Gaza.
Des rapports récents des institutions palestiniennes indiquent que le nombre de prisonniers malades a fortement augmenté, nombre d’entre eux souffrant de maladies préexistantes, de blessures non soignées ou de maladies causées par des conditions de détention difficiles et un refus de soins.

Le problème est particulièrement aigu pour les Palestiniens enlevés à Gaza, dont beaucoup ont été détenus au secret sans inculpation ni procès.
Amnesty International a documenté des actes de torture et des disparitions forcées dans des cas impliquant des Gazaouis détenus en vertu de la loi israélienne sur les combattants illégaux, tandis que B’Tselem a décrit le système carcéral israélien comme un réseau de camps de torture où les Palestiniens sont soumis à des mauvais traitements graves et systématiques.
Parmi les détenus les plus importants figure le Dr Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, qui a été enlevé par les forces israéliennes lors du raid sur l’hôpital fin décembre 2024. Amnesty affirme qu’il est arbitrairement détenu, tandis que les autorités sanitaires palestiniennes ont exigé à plusieurs reprises sa libération immédiate, ainsi que celle d’autres membres du personnel médical détenu. Reuters a également rapporté que les forces israéliennes avaient arrêté plus de 240 Palestiniens lors de ce raid, dont du personnel médical.
Le traitement des détenus palestiniens s’aggrave
L’inquiétude internationale concernant le traitement des détenus palestiniens s’est intensifiée ces derniers mois. En mars 2026, un expert de l’ONU a averti que la torture était devenue une « doctrine d’État » dans le traitement des Palestiniens par Israël, tandis que le système des droits de l’homme de l’ONU a continué de sonner l’alarme sur la torture généralisée, la violence sexuelle, la détention administrative et la rétention des corps des prisonniers.
Les groupes de prisonniers palestiniens affirment que 326 prisonniers sont morts en détention israélienne depuis 1967, dont 89 depuis le début de la guerre à Gaza, tandis que les corps de 97 prisonniers martyrs sont toujours retenus.

La crise se déroule parallèlement à de nouveaux avertissements concernant les efforts législatifs israéliens ciblant les détenus palestiniens, y compris des propositions liées à l’exécution de prisonniers, qui, selon les groupes de défense des droits, marqueraient une nouvelle escalade grave contre les Palestiniens détenus par l’occupation.
La loi sur l’exécution des prisonniers, adoptée par la Knesset israélienne le 30 mars, a considérablement aggravé les inquiétudes des organisations humanitaires concernant la situation déjà sombre des prisonniers.
En vertu de la nouvelle loi, les Palestiniens condamnés par les tribunaux militaires israéliens en Cisjordanie ou par les tribunaux civils pour des attaques interprétées comme « Nier l’existence de l’État d’Israël » serait par défaut passible de la peine de mort.
Les institutions palestiniennes et les groupes de solidarité ont appelé à une action internationale urgente pour protéger les détenus, révéler le sort des disparus, assurer la libération des malades et des blessés et tenir les autorités pénitentiaires d’occupation israéliennes responsables des crimes en cours contre les prisonniers palestiniens.






