Actualités

Un tribunal indien condamne la dirigeante séparatiste cachemirienne Asiya Andrabi en vertu de la loi antiterroriste

Asiya Andrabi (Photo : Le Cachemire aujourd’hui)

Un tribunal de la capitale indienne a condamné une éminente dirigeante séparatiste du Cachemire en vertu de la législation antiterroriste du pays, plus de sept ans après son arrestation lors d’une importante répression de la dissidence dans le Cachemire occupé par l’Inde.

Mercredi, un tribunal d’audience supplémentaire à Delhi a déclaré Asiya Andrabi coupable en vertu de la loi sur les activités illégales (prévention) (UAPA), une loi qui permet à l’État indien de désigner des organisations comme groupes terroristes et autorise une détention prolongée avec un accès limité à la libération sous caution.

Deux de ses proches collaborateurs, Sofi Fehmida et Nahida Nasreen, ont également été condamnées en vertu des mêmes dispositions. Le prononcé de la peine est prévu le 17 janvier.

Le juge Chanderjit Singh a condamné Andrabi en vertu des articles 18 et 38 de l’UAPA, relatifs à une association de malfaiteurs et à une appartenance présumée à une organisation interdite.

L’affaire a été portée par l’agence fédérale d’enquête indienne, la National Investigation Agency (NIA), qui a accusé Andrabi d’avoir mené une guerre contre l’Inde à travers des discours, des réunions publiques et des activités politiques promouvant le séparatisme au Jammu-et-Cachemire.

Les procureurs ont affirmé qu’Andrabi et ses associés avaient mobilisé des soutiens en faveur de causes séparatistes et entretenaient des liens avec des organisations interdites par la loi indienne. La NIA a fait valoir que leurs activités visaient à porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Inde.

Après avoir examiné les preuves, le tribunal a déclaré que l’accusation avait prouvé les accusations au-delà de tout doute raisonnable et a retenu les accusations contre les trois accusés.

Inscrivez-vous pour recevoir des mises à jour régulières directement dans votre boîte de réception

Abonnez-vous à notre newsletter et restez informé des dernières nouvelles et mises à jour du monde musulman !

Ce verdict fait partie des condamnations les plus médiatisées prononcées dans le cadre de l’UAPA contre une figure séparatiste du Cachemire ces dernières années, soulignant le recours continu de l’État indien à la législation antiterroriste pour poursuivre en justice la dissidence politique liée au Cachemire.

Andrabi est l’une des figures féminines les plus marquantes du mouvement séparatiste du Cachemire. Elle a fondé Dukhtaran-e-Millat en 1987, une organisation exclusivement féminine qui prône l’indépendance du Cachemire ou sa fusion avec le Pakistan et rejette la domination indienne dans la région.

Elle s’est fait connaître en mobilisant les femmes lors de manifestations et de campagnes publiques et en s’opposant ouvertement à l’État indien. Ses partisans la considèrent comme un symbole de la résistance au Cachemire, tandis que les autorités indiennes qualifient depuis longtemps son idéologie d’extrémiste.

Le gouvernement indien a interdit Dukhtaran-e-Millat en 2019, environ un an après l’arrestation d’Andrabi.

Andrabi a été arrêté en avril 2018 lors d’une répression plus large contre les dirigeants et réseaux séparatistes au Jammu-et-Cachemire, après des années de manifestations de masse et de rébellion armée contre le régime indien.

Elle et ses coaccusés sont restés en détention depuis leur arrestation, le procès se poursuivant pendant plusieurs années. Les organisations de défense des droits humains qui surveillent les détentions politiques en Inde ont critiqué à plusieurs reprises l’UAPA, arguant qu’elle permet une détention prolongée sans condamnation et qu’elle est fréquemment utilisée dans des affaires politiquement sensibles.

Cette condamnation intervient dans un contexte de restrictions persistantes de l’activité politique au Cachemire, en particulier depuis que l’Inde a révoqué le statut semi-autonome de la région en 2019, une décision critiquée par les organisations internationales de défense des droits de l’homme et suivie de mesures de sécurité étendues sur tout le territoire.

Laisser un commentaire

Avatar de Abdelhafid Akhmim