Alors que Washington se prépare à une éventuelle attaque, l’Iran se dit prêt à la fois à la guerre et à un engagement diplomatique, insistant sur le fait que Téhéran ne négociera pas sous la pression.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a fait ces remarques lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue turc à Ankara, soulignant que Téhéran restait favorable aux négociations à condition qu’elles soient menées sur un pied d’égalité.
Il a déclaré que l’Iran n’avait jamais rejeté la diplomatie, mais qu’il ne se soumettrait pas aux conditions imposées ni à la coercition des puissances étrangères. Selon Araghchi, tout dialogue doit être ancré dans le respect mutuel et les intérêts partagés, et non dans les menaces ou l’intimidation.
Il a ajouté que les États-Unis avaient tenté de poursuivre les négociations par le biais d’intermédiaires, mais a averti que les pourparlers ne pourraient avoir lieu tant que la pression militaire continuerait de s’intensifier.
Araghchi a également lancé un avertissement ferme concernant une éventuelle escalade militaire. Il a déclaré que l’Iran était aussi prêt à la guerre qu’aux négociations, ajoutant que le pays était encore mieux préparé qu’avant la guerre des 12 jours de juin, lorsque les États-Unis et Israël ont mené des frappes contre l’Iran alors que des négociations nucléaires indirectes étaient en cours.
Il a averti que tout conflit futur, en particulier celui impliquant une participation directe des États-Unis, s’étendrait probablement au-delà d’une confrontation bilatérale et engloutirait la région dans son ensemble.
Le président américain Donald Trump a admis que l’Iran souhaitait conclure un accord plutôt que de s’exposer à une action militaire, mais a insisté sur le fait que ses systèmes de missiles et de défense ne feraient « jamais » l’objet de négociations.
« Je peux le dire, ils veulent conclure un accord », a déclaré vendredi le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, interrogé sur le renforcement des forces dans le Golfe, sans fournir de détails.
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Trump avait déjà averti Téhéran mercredi que le temps était « compté » pour négocier un accord sur son programme nucléaire après le rassemblement d’une importante flotte navale américaine près du pays.
Les experts restent divisés sur la question de savoir si Trump donnera suite à ses menaces d’attaquer l’Iran ou s’il utilisera simplement l’armada constituée comme une tactique alarmiste pour faire pression sur Téhéran pour qu’il négocie selon les conditions de Washington.

Dialogue régional et messages mixtes
Araghchi a déclaré que ses discussions avec le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan avaient été positives et constructives, soulignant les relations de longue date entre l’Iran et la Turquie.
Il a décrit les deux pays comme des voisins et des amis qui se sont soutenus mutuellement pendant les périodes stables et difficiles. Il a ajouté que Téhéran accueille favorablement toute initiative favorisant la paix, la stabilité et la réduction des tensions dans la région.
En outre, il a noté que l’Iran soutient les efforts de la Turquie en faveur d’un dialogue régional et est prêt à participer à des pourparlers impliquant les États de la région visant à la désescalade et à la stabilité à long terme.
Il a également accusé Israël de poursuivre des stratégies déstabilisatrices destinées à affaiblir les pays de la région et à provoquer un conflit plus large.

Fidan a fait écho aux inquiétudes concernant la montée des tensions et a réitéré l’opposition de la Turquie à une intervention militaire contre l’Iran. Il a déclaré qu’Ankara avait constamment fait part de son rejet d’une telle action à toutes les parties concernées et estimait que les questions internes de l’Iran devraient être résolues de manière pacifique par son propre peuple, sans ingérence étrangère.
Fidan a averti qu’Israël tentait de persuader les États-Unis de lancer une attaque militaire contre l’Iran, une décision qui, selon lui, pourrait gravement nuire à la stabilité déjà fragile de la région. Il a exprimé l’espoir que l’administration américaine agirait avec bon sens et éviterait de se laisser entraîner dans un conflit plus large.
Il a été rapporté plus tôt que plusieurs autres États arabes avaient fait pression sur Trump pour qu’il ne attaque pas l’Iran à la suite des tensions croissantes liées aux violentes manifestations anti-régime à travers le pays au début du mois de janvier.
Toutefois, selon les rapports, Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a averti lors de points de presse privés à Washington que si le président américain Trump ne mettait pas à exécution ses menaces contre l’Iran, les dirigeants de Téhéran en ressortiraient plus forts.
Axios a rapporté vendredi, citant plusieurs sources, que Khalid ben Salmane, largement connu sous le nom de KBS et proche confident du prince héritier Mohammed ben Salmane, a fait ces remarques dans un contexte de tensions régionales croissantes et de spéculations croissantes sur une éventuelle action militaire américaine contre l’Iran.






