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Les militants de Filton 24 innocentés du cambriolage d’une usine d’armement en Israël

Rangée du haut à partir de la gauche : Jordan Devlin, Charlotte Head, Zoe Rogers, Samuel Corner. Rangée du bas, de gauche à droite : Leona Kamio, Zainab Rajwani (Photo : avec l’aimable autorisation de Palestine Action)

Six membres du groupe connu sous le nom de Filton 24 ont été acquittés de l’accusation la plus grave de cambriolage aggravé lors d’un procès très médiatisé concernant une effraction dans l’usine Filton d’un fabricant d’armes israélien.

Le Crown Prosecution Service (CPS) a déclaré à la Woolwich Crown Court qu’il ne pouvait pas fournir de preuves pour étayer l’accusation de cambriolage aggravé, ce qui a conduit à des verdicts de non-culpabilité sur ce chef d’accusation cette semaine.

Les accusés, qui n’ont pas encore été jugés sur tous les chefs d’accusation, risquent désormais d’être rejugés pour des accusations pour lesquelles le jury n’est pas parvenu à se prononcer.

Il s’agit notamment de dommages criminels, de troubles violents et, dans un cas, de lésions corporelles graves intentionnellement contre un policier. Les procureurs ont confirmé qu’ils demanderaient un nouveau procès pour ces accusations, qui pourraient être modifiées pour des délits moins graves.

L’affaire Filton 24 découle d’une manifestation d’action directe le 6 août 2024, lorsque des militants sont entrés dans l’usine d’Elbit Systems UK, près de Bristol, à Aztec West.

Ils ont violé le périmètre de sécurité et endommagé des équipements clés qui, selon les militants, étaient utilisés pour fabriquer du matériel militaire fourni aux forces de défense israéliennes.

Les six accusés acquittés cette semaine étaient détenus en détention provisoire pendant une période prolongée, suscitant des inquiétudes parmi les observateurs juridiques quant au recours aux pouvoirs antiterroristes et à la détention provisoire sans procès dans les délais.

Les procureurs ont d’abord poursuivi le cambriolage aggravé, une accusation passible d’une peine d’emprisonnement à perpétuité, mais n’ont pas été en mesure de présenter suffisamment de preuves pour convaincre le jury que les accusés avaient l’intention de recourir à des violences illégales contre des personnes au cours de l’action.

Le jury a délibéré pendant plus de 36 heures avant de rendre le verdict de non-culpabilité.

Trois des six, dont Zoe Rogers, Fatema Zainab Rajwani et Jordan Devlin, ont également été déclarés non coupables de troubles violents, le jury n’étant pas convaincu que les militants aient menacé ou utilisé la violence contre le personnel de sécurité ou les policiers sur le site.

Les partisans et les groupes de défense des libertés civiles ont décrit le verdict comme une victoire significative pour le droit de manifester et l’indépendance du jury.

Les militants affirment que l’accusation de cambriolage aggravé a été utilisée pour justifier un emprisonnement prolongé avant le procès et pour présenter une action directe contre la fabrication d’armes comme étant intrinsèquement violente.

Un porte-parole du comité de défense de Filton 24 a déclaré que l’acquittement confirmait l’affirmation des accusés selon laquelle leur intention était de désarmer les armes et de prévenir la violence, et non de commettre des actes criminels de violence.

Site d’Elbit Systems au Royaume-Uni à Bristol. (Photo : Vladimir Morozov)

L’affaire s’est également produite dans le contexte de batailles juridiques plus larges impliquant Palestine Action, le réseau d’activistes associé aux accusés, qui a été interdit comme organisation terroriste par le gouvernement britannique en 2025.

Cette interdiction a été jugée illégale au début du mois par la Haute Cour du Royaume-Uni, qui a jugé la décision du ministère de l’Intérieur disproportionnée et constituait une restriction injustifiable à la liberté d’expression et de réunion.

Les groupes de défense des libertés civiles ont salué le jugement, même si le gouvernement a signalé son intention de faire appel.

La saga Filton 24 a suscité un débat plus large sur l’équilibre entre la législation antiterroriste, le droit de manifester et la manière dont le système judiciaire traite les actions directes politiquement motivées.

Les critiques de l’approche du gouvernement soutiennent que l’invocation des lois antiterroristes contre des militants sape les normes démocratiques et risque de criminaliser la dissidence politique légitime.

L’accusation la plus grave étant désormais rejetée, de nombreux Filton 24 devraient demander une libération sous caution dans les semaines à venir.

Les avocats de la défense affirment que même si de nouveaux procès ont lieu, les longues périodes de détention provisoire purgées dépassent les peines potentielles pour les chefs d’accusation restants.

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