Actualités

Les États-Unis « pourraient avoir délibérément ciblé une école de filles en Iran »

Les preuves analysées par l’enquête d’Al Jazeera suggèrent que le bombardement américain d’une école de filles en Iran le 28 février n’était pas accidentel, mais une frappe distincte et distincte contre le bâtiment de l’école lui-même.

Les survivants et leurs familles pleurent au moins 165 écolières et membres du personnel tués, et des dizaines d’autres blessés. Des missiles ont frappé le bâtiment au moment même où les cours commençaient.

L’attaque a suscité une condamnation mondiale, soulevé de graves questions juridiques et déclenché des appels urgents à la responsabilisation et à une enquête indépendante.

Preuve

Les filles se trouvaient à l’intérieur de l’école Shajareh Tayyebeh un samedi matin lorsque l’attaque a eu lieu.

Les premières affirmations des porte-parole américains et israéliens ont déclaré qu’ils ignoraient qu’une école avait été touchée.

Certains comptes sociaux liés à Israël ont affirmé que l’école faisait « partie d’une base des Gardiens de la révolution », mais cette affirmation a été contestée et réfutée.

L’unité d’investigations numériques d’Al Jazeera a compilé des images satellite datant d’une décennie, des vidéos géolocalisées, des rapports publiés et des déclarations officielles iraniennes pour contester ce récit.

Infographie présentant le site des frappes aériennes américaines. (Image satellite : Google Earth)

L’examen montre que l’école était clairement séparée d’un site militaire voisin pendant au moins 10 ans. Les murs, les portails, les peintures murales, les terrains de jeux et la circulation civile confirment qu’il fonctionnait de manière totalement autonome.

Cette séparation a été documentée pour la première fois en 2016, lorsque des murs intérieurs ont été construits pour délimiter l’école de la base navale adjacente du CGRI.

La chronologie d’Al Jazeera montre deux colonnes de fumée distinctes s’élevant simultanément, l’une de la base et l’autre de l’école.

Cela contredit fortement les affirmations selon lesquelles l’explosion serait due à des débris ou des éclats d’obus provenant de frappes à proximité.

L’analyse souligne également qu’un autre bâtiment civil, une clinique à proximité, n’a pas été touché lors du même assaut.

Une vue des débris de l’école – avec des indications claires qu’il s’agissait d’une école. (Stringer – Agence Anadolu)

Ce schéma suggère plus qu’une erreur chaotique sur le champ de bataille, étant donné que les frappes de précision ont touché à la fois les structures militaires et scolaires.

Si les assaillants disposaient de renseignements à jour, l’école aurait été clairement identifiée comme non militaire avant toute frappe.

Cette contradiction ne laisse que deux possibilités, selon l’enquête : l’attentat à la bombe résulte soit d’une grave défaillance des services de renseignement, soit d’une frappe délibérée considérant l’école comme une cible légitime.

Ces deux résultats soulèvent des questions urgentes sur la planification opérationnelle et le respect du droit international.

Les experts notent que même si un bâtiment a des liens avec des familles de militaires, il reste une installation civile au sens du droit international humanitaire, à moins qu’il ne soit utilisé à des fins militaires.

Le droit international interdit les attaques contre des civils et des infrastructures civiles. Les écoles et les enfants sont spécialement protégés pendant les conflits armés.

Les Iraniens affirment que la frappe était « délibérée » et faisait partie de l’intention de maximiser les dommages causés aux civils. Ils citent à la fois le timing et la précision des coups.

Des implications plus larges

Minab est situé dans la province d’Hormozgan, une région d’importance stratégique surplombant le détroit d’Ormuz.

Les installations à proximité comprennent le complexe Sayyid al-Shuhada, qui abrite la brigade de missiles Asif du CGRI.

Les autorités iraniennes affirment que cette frappe fait partie d’une campagne plus large qui a endommagé des centaines de sites civils.

Vue aérienne de cercueils drapés de drapeaux iraniens lors d’une cérémonie funéraire pour les enfants du massacre de l’école de Minab (Stringer – Agence Anadolu)

Des voix internationales, notamment des responsables des droits de l’homme des Nations Unies et de l’UNESCO, ont appelé à une enquête approfondie sur la frappe et sur la responsabilité dans la mort de civils.

Selon les analystes, si les États-Unis ou Israël étaient responsables, le fait de ne pas faire une distinction claire entre les sites civils et militaires pourrait constituer de graves violations du droit international.

Le timing et la précision de la frappe signifient qu’aucune conclusion définitive ne peut encore être tirée quant à l’intention, mais les preuves contestent clairement les allégations de simple accident ou de dommages collatéraux.

Des récits simplifiés de l’événement ont circulé en ligne, mais une analyse détaillée montre un schéma complexe de causes, d’effets et de responsabilités potentielles.

Laisser un commentaire

Avatar de Abdelhafid Akhmim