L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis semblent prêts à s’affronter dans le sud du Yémen après que des avions saoudiens ont frappé les forces séparatistes du sud soutenues par les Émirats arabes unis, dans le cadre de l’importante mainmise territoriale du groupe dans toute la région de Hadramaout.
Le sud du Yémen est confronté à une nouvelle montée des tensions politiques et militaires après que les séparatistes du sud ont accusé l’Arabie saoudite de lancer des attaques aériennes, approfondissant ainsi les divisions dans le golfe Persique.
Ces derniers jours ont été marqués par une forte escalade entre le Conseil de transition du Sud (STC) du Yémen et l’Arabie saoudite, un pays qui soutient depuis longtemps les forces luttant contre le mouvement Houthi AnsarAllah, qui contrôle le nord.
Le STC a affirmé que des avions de combat saoudiens avaient ciblé ses forces alliées d’élite Hadhrami dans la province orientale de Hadramout, à la suite d’un affrontement bref mais intensifié pour le contrôle du territoire et de ses ressources.
Selon le STC, les attaques aériennes ont eu lieu dans la région de Wadi Nahb, avec des frappes signalées à 8h00 et de nouveau à 9h15.
Ces frappes ont eu lieu peu de temps après que l’Arabie saoudite a publiquement exhorté le CTS à se retirer d’Hadramout et d’Al-Mahra, deux provinces de l’est saisies par les séparatistes au début du mois, ajoutant que les forces soutenues par l’Arabie saoudite affronteraient le CTS s’ils ne s’y conformaient pas.
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a averti samedi qu’elle réagirait immédiatement à tout mouvement militaire des séparatistes soutenus par les Émirats arabes unis qui saperait les efforts de désescalade dans la région sud du Yémen, alors que les États-Unis ont exhorté la diplomatie.
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« Tout mouvement militaire qui violerait ces efforts sera réprimé directement et immédiatement afin de protéger les vies civiles et de garantir le succès du rétablissement du calme », a déclaré le général de brigade. Le général Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition, selon l’agence de presse saoudienne.
Al-Maliki a également accusé les séparatistes du Conseil de transition du Sud, ou CTS, de « violations graves et horribles des droits humains contre des civils », sans fournir de preuves.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré samedi dans un communiqué que son pays était « préoccupé par les récents événements dans le sud-est du Yémen » et a appelé à la retenue et à la diplomatie pour parvenir à « une solution durable ». Il a également exprimé sa gratitude « pour le leadership diplomatique de nos partenaires, le Royaume d’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ».
Des tensions croissantes
Le Yémen, plongé dans une guerre civile depuis plus d’une décennie, est divisé : les Houthis, soutenus par l’Iran, contrôlent une grande partie des régions du nord, tandis qu’une coalition soutenue par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis soutient le gouvernement internationalement reconnu dans le sud.
Cependant, les Émirats arabes unis aident également les séparatistes du sud qui appellent le Yémen du Sud à se séparer à nouveau du Yémen.

Leur avancée leur a permis de contrôler près de la moitié du territoire du Yémen, y compris les régions productrices de pétrole frontalières de l’Arabie saoudite et d’Oman.
Cette décision est considérée comme une tentative des Émirats arabes unis d’abandonner la coalition et de positionner son représentant du STC comme l’acteur le plus important dans le sud. L’Arabie Saoudite et son gouvernement reconnu par l’ONU sont désormais largement écartés des positions importantes à moins qu’ils ne parviennent à organiser une sorte de riposte pour rétablir le contrôle du sud.
Bien que l’Arabie saoudite ait bombardé le Yémen à plusieurs reprises ces dernières années, les frappes saoudiennes ont ciblé le nord et les zones dirigées par les Houthis. L’attaque contre les positions du STC dans le sud du Yémen est la première du genre, ouvrant la voie à un éventuel combat par procuration entre les forces soutenues par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Le Yémen est traditionnellement considéré par Riyad comme une région clé dans sa sphère d’influence. Cependant, la prise de pouvoir des Houthis en 2014 et les avancées séparatistes des Émirats arabes unis ont vu l’influence saoudienne considérablement réduite, au grand dam de Riyad.
Lutte de pouvoir meurtrière
Les experts affirment que le Yémen est désormais confronté à une triple compétition pour le contrôle entre les Houthis au nord, le gouvernement internationalement reconnu et soutenu par l’Arabie saoudite basé à Aden et le STC au sud et à l’est.
Cette rivalité menace de briser le calme fragile qui a suivi une trêve négociée par l’ONU en 2022.
La guerre civile au Yémen a commencé en 2014 lorsque les Houthis se sont emparés de Sanaa, provoquant une intervention dirigée par l’Arabie saoudite l’année suivante.
Des années de combats ont tué des centaines de milliers de personnes et créé une grave crise humanitaire. Même si les combats à grande échelle se sont atténués, les dernières avancées séparatistes ont complètement modifié le paysage politique du pays, faisant craindre une nouvelle intensification du conflit.
La récente tentative d’Israël de reconnaître un territoire séparatiste en Somalie, connu sous le nom de Somaliland, a également été spéculée comme une base potentielle pour une future ingérence ou agression israélienne au Yémen.
Les Houthis du Yémen ont attaqué Israël à plusieurs reprises au cours des deux dernières années pour soutenir Gaza au milieu du génocide. Israël a eu du mal à riposter en raison de la distance et du manque de renseignements sur le Yémen. Cependant, le Somaliland pourrait être une rampe de lancement pour de futures attaques ou espionnages contre le Yémen.






