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Le Croissant-Rouge iranien affirme que 6 668 sites civils ont été ciblés par les attaques américano-israéliennes

TEHERAN, IRAN – 2 MARS : De graves dégâts sont constatés à l’hôpital Gandi, dans le nord de Téhéran, à la suite des frappes conjointes américaines et israéliennes sur Téhéran, en Iran, le 2 mars 2026. Le bâtiment de l’hôpital et les structures environnantes ont subi de lourdes destructions, avec des débris éparpillés dans les services et les unités médicales après l’attaque. Les responsables de l’hôpital ont annoncé que l’établissement avait été entièrement évacué et que les patients avaient été transférés vers d’autres hôpitaux de la ville. ( Fatemeh Bahrami – Agence Anadolu )

La Société du Croissant-Rouge iranien affirme que 6 668 sites civils ont été touchés lors des attaques menées par les États-Unis et Israël à travers le pays. L’organisation humanitaire affirme que les frappes ont endommagé des maisons, des écoles, des centres de santé et des installations utilisées par les travailleurs humanitaires.

Selon l’organisation, 5.535 immeubles résidentiels et 1.041 unités commerciales ont été touchés. Les attaques ont également endommagé 14 centres de santé, 65 écoles et 13 établissements liés au Croissant-Rouge. Des véhicules d’aide et de secours ont également été endommagés et plusieurs secouristes ont été blessés.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que les frappes violaient les Conventions de Genève et a appelé à une action internationale urgente. Il déclare : « Les institutions internationales, les organisations d’aide humanitaire et les défenseurs des droits de l’homme doivent prendre des mesures urgentes et efficaces pour protéger les vies civiles, assurer la sécurité des travailleurs humanitaires et garantir le respect des règles du droit international humanitaire. »

Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ont fait l’objet d’un examen minutieux et d’une condamnation depuis le début de la dernière guerre contre l’Iran, avec des accusations croissantes de violations du droit humanitaire international.

Grève scolaire

L’un des incidents les plus meurtriers s’est produit le 28 février, lorsque des missiles ont frappé l’école de filles Shajareh Tayyebeh, dans la ville de Minab, dans le sud de l’Iran. Des dizaines d’étudiants étaient en cours lorsque l’attaque a détruit le bâtiment et provoqué l’effondrement du toit.

Infographie présentant le site des frappes aériennes américaines. (Image satellite : Google Earth)

Les autorités iraniennes ont rapporté que 165 personnes avaient été tuées lors de cette frappe, pour la plupart des filles âgées de sept à douze ans. Au moins 95 autres personnes ont été blessées lors de l’attaque.

Alors que les images de la scène se répandaient sur Internet, les responsables israéliens et américains ont déclaré qu’ils ignoraient qu’une école avait été touchée. Certains comptes liés à Israël affirmaient que le site faisait partie d’une base du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Une enquête menée par Al Jazeera a examiné les images satellite, les documents archivés et les séquences vidéo de la scène. L’analyse suggère que l’école était clairement séparée d’une installation militaire voisine depuis au moins une décennie.

Des images satellite et des clips vidéo géolocalisés ont montré deux emplacements de frappe distincts. Une explosion a frappé l’intérieur du complexe militaire Sayyid al Shuhada tandis qu’une autre a directement touché l’école de filles.

La distance visible entre les colonnes de fumée des deux emplacements correspondait à la séparation physique montrée sur les images satellite. Les enquêteurs ont conclu que les dégâts causés à l’école ne pouvaient pas être expliqués par des débris ou des éclats d’obus provenant de la base voisine.

Des images satellite historiques examinées par les enquêteurs ont montré que le bâtiment faisait autrefois partie d’un complexe militaire. Cependant, des changements majeurs ont été introduits en 2016, séparant la zone scolaire du reste de la base.

De nouveaux murs intérieurs ont été construits et des portes supplémentaires ont été ouvertes directement sur la voie publique pour les étudiants et le personnel. Les tours de guet de sécurité ont été supprimées et le bâtiment a été transformé en un établissement indépendant au service de l’éducation civile.

Des images ultérieures montraient des aires de jeux, des murs peints et des véhicules civils entrant sur le site, indiquant que le bâtiment fonctionnait comme une école primaire depuis des années avant la frappe.

Problèmes juridiques

Les organisations de défense des droits humains affirment que la présence d’installations militaires à proximité ne supprime pas la protection juridique accordée aux écoles en vertu du droit international humanitaire.

TÉHÉRAN, IRAN – 28 FÉVRIER : De la fumée s’élève au-dessus d’une zone résidentielle après une explosion à Téhéran, en Iran, le 28 février 2026. (Fatemeh Bahrami – Agence Anadolu)

L’Observatoire Euro Med des Droits de l’Homme a qualifié l’attentat de « crime horrible et de consolidation de l’effondrement de la protection civile ». Le groupe a déclaré que les enfants et les enseignants restent des personnes protégées par le droit international, quelle que soit la profession de leurs parents.

Les experts affirment que les attaques qui ne font pas la distinction entre les cibles militaires et les civils peuvent constituer de graves violations des lois de la guerre. Les écoles et les hôpitaux sont considérés comme des sites protégés à moins qu’ils ne soient directement utilisés pour des opérations militaires.

Modèle historique

Les analystes notent que la frappe de Minab fait écho à des incidents précédents au cours desquels des sites civils avaient été touchés lors d’opérations militaires.

En 1970, des avions israéliens ont bombardé l’école primaire de Bahr al Baqar en Égypte, tuant des dizaines d’enfants. Les responsables israéliens affirmaient à l’époque qu’il s’agissait d’une installation militaire.

D’autres exemples incluent le bombardement en 1991 du refuge Amiriyah à Bagdad par l’armée de l’air américaine et le bombardement en 1996 du complexe de l’ONU à Cana, dans le sud du Liban. Les enquêtes sur les deux incidents ont par la suite conclu que les civils étaient présents en grand nombre au moment des attaques.

Les critiques soutiennent que ces cas mettent en évidence une tendance récurrente dans laquelle des installations civiles sont frappées lors de campagnes militaires et où la responsabilité est initialement contestée avant que des enquêtes ultérieures soulèvent de sérieuses questions sur les décisions de ciblage.

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