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La Jordanie libère un érudit islamique après son arrestation pour une vidéo de Noël

Un érudit religieux jordanien, le Dr Ayman Al‑Balawi, a été arrêté le 23 décembre pour avoir, semble-t-il, publié une vidéo exhortant les musulmans à ne pas célébrer Noël. Les autorités l’ont libéré peu de temps après, dans un contexte d’inquiétude croissante quant à la liberté d’expression dans le royaume.

Le Dr Al-Balawi a été arrêté par les services de renseignement jordaniens après avoir mis en ligne une vidéo dans laquelle il expliquait le « règlement de la charia à Noël ».

Dans cette vidéo, il exhorte les musulmans des pays arabes et islamiques à éviter de célébrer Noël, arguant que cela pourrait impliquer l’acceptation de croyances considérées comme non islamiques.

Capture d’écran de la vidéo publiée par le Dr Al-Balawi

Selon sa fille, la famille n’a pas été informée du lieu où il avait été emmené ni des raisons pour lesquelles il avait été emmené.

Dans la vidéo, il a précisé qu’il respectait le prophète Jésus, mais qu’il rejetait la doctrine chrétienne de sa divinité.

Il a ajouté que participer aux célébrations de Noël pourrait être considéré comme une adhésion à cette croyance.

La vidéo faisait également référence à une tendance parmi les jeunes musulmans de certains pays qui font campagne contre les célébrations du Nouvel An, dans le but de renforcer leur identité islamique par la sensibilisation du public.

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Le Dr Al-Balawi a déclaré qu’il espérait que davantage de communautés musulmanes suivraient cet exemple.

Les autorités ont arrêté le fils d’un autre pasteur lors de la même vague d’arrestations. Cette personne aurait aidé à planifier une campagne conseillant aux musulmans d’éviter les célébrations de Noël.

Quelques jours plus tard, l’État a libéré le Dr Al-Balawi. Les sources officielles n’ont pas exposé publiquement les accusations ni fourni de justification pour son arrestation ou sa libération.

Contexte plus large

La détention et la libération du Dr Al-Balawi ajoutent à une inquiétude croissante face à ce que les critiques appellent le rétrécissement de la liberté civique et religieuse en vertu de la loi jordanienne de 2023 sur la cybercriminalité.

La loi a aidé les services de sécurité à arrêter des journalistes et des militants pour des publications sur les réseaux sociaux considérées comme « portant atteinte à l’unité nationale ».

Ces derniers mois, les autorités ont fermé la branche locale des Frères musulmans et interdit ses membres, invoquant des problèmes de sécurité nationale après l’arrestation de militants présumés préparant des attaques à la bombe et aux drones.

Les organisations de défense des droits de l’homme avertissent que de telles mesures refroidissent le discours religieux et politique.

Beaucoup considèrent l’arrestation d’Al-Balawi comme faisant partie d’une répression plus large de la dissidence et du discours islamiste, même lorsque ce discours reste dans le cadre de l’enseignement religieux ou moral.

Pour les musulmans de Jordanie et d’ailleurs, cette affaire met en évidence une tension croissante entre les mesures de sécurité de l’État et l’expression religieuse.

Alors que la pression se resserre sur les prédicateurs, les militants et même les utilisateurs des réseaux sociaux, nombreux sont ceux qui craignent que l’espace de discussion ouverte, même sur les questions théologiques, ne se rétrécisse rapidement.

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