Ouvrant la discussion, le professeur Miriyam Aouragh, anthropologue à l’Université de Westminster, a présenté la hasbara comme une exigence essentielle de tout « projet violent de domination ».
Elle a introduit le concept de « fabrication du mécontentement », arguant que parce que l’État ne peut pas compter sur le consentement pour ses actions, il doit systématiquement jeter le doute sur l’expérience palestinienne.
Aouragh a noté que la hasbara est actuellement « coincée entre le marteau et l’enclume », car la nature « diffusée en direct » du génocide fait s’effondrer la propagande traditionnelle sous le poids de la réalité.
Son conseil aux organisateurs était d’éviter le « piège de répondre » à tout argument de mauvaise foi, suggérant plutôt une division stricte du travail où des experts dévoués s’occuperaient de la démystification tandis que la majorité se concentrerait sur « un véritable activisme politique ».
Nadim Nashif, directeur exécutif de 7amleh, a attiré l’attention sur les préjugés systémiques inhérents aux géants de la technologie comme Meta et Google. Il a révélé à quel point le contenu arabe est « sur-modéré » à l’aide de classificateurs agressifs déployés des années avant ses équivalents hébreux.
Nashif a détaillé comment les unités de hasbara se coordonnent avec les entreprises pour interdire les voix palestiniennes tout en promouvant les récits d’État à travers des accords de plusieurs millions de livres. Il a souligné la nécessité de lutter pour le « droit d’être là » sur les plateformes grand public tout en soutenant simultanément des alternatives éthiques appartenant aux Palestiniens telles que Upscrolled.
Au-delà de la vérité : construire un véritable pouvoir
Tariq Kenney-Shawa, chercheur politique à Al-Shabaka, a évoqué l’utilisation du renseignement open source (OSINT) pour réfuter la désinformation, citant la reconstitution médico-légale du meurtre de Hind Rajab.
Cependant, il a lancé un avertissement qui donne à réfléchir : l’exposition à elle seule n’oblige pas nécessairement à intervenir. Kenney-Shawa a fait valoir que même si l’OSINT est essentiel pour « préserver les archives », il doit être associé au renforcement du pouvoir politique. Il a exhorté les militants à passer de la simple preuve de la vérité à « faire en sorte que la vérité ait réellement des conséquences tangibles » par le biais du lobbying politique et de l’organisation de masse.

Hala Hanina, une chercheuse doctorante qui a quitté Gaza juste avant le génocide, a ancré le débat dans la déchirante réalité du terrain. Elle a détaillé la tactique de « jeter le doute » utilisée lors du bombardement de l’hôpital Al-Ahli et le récit des « 40 bébés décapités » pour fabriquer un consensus mondial en faveur du nettoyage ethnique. Hanina a rappelé le plaidoyer de son père au milieu du bombardement :






