Les Afghans ont célébré l’Aïd dans un contexte d’accalmie temporaire des hostilités suite à un fragile accord de cessez-le-feu avec le Pakistan voisin.
La trêve intervient après des semaines d’escalade de la violence, d’accusations transfrontalières et d’augmentation des pertes civiles signalées des deux côtés.
L’Afghanistan a confirmé l’observation du croissant de lune de Shawwal à plusieurs endroits, ce qui a conduit les autorités à annoncer que l’Aïd al-Fitr serait célébré jeudi.
La déclaration a donné lieu à des préparatifs à l’échelle nationale, les mosquées organisant les prières de l’Aïd sous une sécurité renforcée alors que les communautés se rassemblaient pour marquer la fin du Ramadan.
La pause avait pour but de permettre aux célébrations de se poursuivre sans nouvelle escalade.
Malgré la trêve, l’environnement sécuritaire est resté tendu, les autorités maintenant une présence visible dans les zones clés.

Les mosquées et les espaces de rassemblement publics ont été placés sous protection renforcée pendant les prières et les festivités de l’Aïd.
Les responsables des deux pays ont qualifié l’accord de temporaire, sans aucune indication claire d’une désescalade à long terme.
L’accord a été présenté comme une pause humanitaire plutôt que comme une résolution des différends en cours.

Bilan des civils signalé dans un contexte de tensions persistantes
Des rapports récents font état d’importantes pertes civiles dans les semaines précédant le cessez-le-feu.
Entre le 26 février et le 16 mars, 76 morts civils et 213 blessés ont été enregistrés en Afghanistan.
Un autre incident très controversé a été signalé à Kaboul, à l’hôpital de traitement de la toxicomanie d’Omid.
Les autorités afghanes affirment que les frappes aériennes pakistanaises de lundi soir ont tué 408 personnes, bien que ces chiffres n’aient pas été vérifiés de manière indépendante.
Le Pakistan n’a pas confirmé la responsabilité de cet incident spécifique. Les récits contrastés reflètent une méfiance persistante et des récits très différents entre les deux parties.
Les deux gouvernements ont échangé des accusations ces derniers mois, Islamabad affirmant que l’Afghanistan offre un refuge aux groupes militants opérant contre le Pakistan.
Kaboul a toujours rejeté ces affirmations, niant tout soutien au militantisme transfrontalier.
Une paix fragile
Le cessez-le-feu de l’Aïd a été décrit comme fragile, sans aucun cadre formel à long terme annoncé pour maintenir la pause dans les combats.

La Chine a salué le cessez-le-feu temporaire entre l’Afghanistan et le Pakistan, saluant les efforts de médiation de la Turquie, de l’Arabie saoudite et du Qatar pour faciliter l’accord.
Les responsables chinois ont déclaré qu’ils espéraient que les deux parties feraient preuve de retenue, reprendraient le dialogue et œuvreraient à une cessation globale et durable des hostilités.
Pékin a également déclaré qu’il s’était engagé auprès des deux pays par le biais de ses propres canaux diplomatiques et qu’il restait prêt à jouer un rôle constructif en faveur d’une plus grande désescalade et de la stabilité régionale.
Les observateurs notent que de tels accords temporaires n’ont jamais réussi à tenir au-delà de courtes périodes.
Le moment du cessez-le-feu coïncide avec les célébrations de l’Aïd, une période souvent utilisée pour faciliter les pauses humanitaires dans les zones de conflit.
Les occasions religieuses ont historiquement fourni des possibilités limitées de réduction de la violence dans des conflits similaires.
Pour l’instant, la situation reste incertaine car les deux parties continuent d’exprimer des préoccupations en matière de sécurité.
Alors que les prières de l’Aïd se sont déroulées avec des mesures de sécurité renforcées, les tensions politiques et sécuritaires sous-jacentes restent irrésolues.
Sans progrès diplomatiques soutenus, le cessez-le-feu est largement considéré comme un armistice à court terme plutôt que comme un règlement durable.






