Anjem Choudary a perdu son appel contre une peine d’emprisonnement à perpétuité pour délits de terrorisme, ce qui signifie il aura 85 ans avant de quitter la prison.
Les juges de la Cour d’appel ont rejeté les arguments de l’équipe juridique de Choudary selon lesquels sa peine était excessive et que ses actes avaient été mal qualifiés.
La décision signifie qu’il continuera à purger une peine à perpétuité, sans réduction de la période minimale fixée avant que sa libération puisse être envisagée.
Les procureurs le décrivent depuis longtemps comme une influence idéologique clé au sein des « cercles extrémistes », alléguant que ses discours et ses activités ont contribué à radicaliser des individus qui se sont ensuite engagés dans le terrorisme.
Bien qu’il n’ait pas été reconnu coupable d’avoir lui-même perpétré des attentats, le tribunal a estimé que son soutien persistant à des organisations interdites et à des « causes extrémistes » constituait une menace sérieuse pour la sécurité publique.

Lors de l’appel, sa défense s’est fortement concentrée sur la distinction entre parole et action. Les avocats ont fait valoir que Choudary avait exercé son droit à la liberté d’expression, affirmant que ses déclarations reflétaient des convictions religieuses et politiques plutôt qu’une incitation directe à la violence.
Ils ont également soutenu qu’il n’existait aucune preuve le liant à la planification ou à l’exécution d’attaques spécifiques.
Son équipe juridique a en outre contesté la sévérité de la peine, qualifiant la peine d’emprisonnement à perpétuité de disproportionnée par rapport à ce qu’elle a qualifié de rôle « idéologique ». Ils ont averti que l’élargissement des lois antiterroristes risquait de criminaliser les discours controversés et pourrait créer un précédent juridique troublant.
Cependant, la Cour d’appel a rejeté ces arguments, concluant que la conduite de Choudary allait au-delà de l’expression protégée. Les juges ont souligné ce qu’ils ont décrit comme un modèle de comportement soutenu qui encourageait le « soutien à des causes extrémistes » et contribuait à des dommages réels.
Dans sa décision, le tribunal a affirmé que les individus qui promeuvent et légitiment systématiquement des organisations interdites peuvent être tenus pleinement responsables en vertu des lois sur le terrorisme, même sans implication directe dans les attaques.
Les responsables gouvernementaux ont salué cette décision, affirmant qu’elle renforce la position ferme du Royaume-Uni contre l’extrémisme et envoie un signal clair sur les conséquences de la propagation des idéologies liées à la violence.
Qui est Anjem Choudary ?
Choudary est considéré comme l’une des figures « islamistes » les plus influentes et les plus controversées de l’histoire britannique moderne.
Né à Londres, Choudary, 57 ans, a suivi une formation d’avocat à l’Université de Southampton avant de devenir l’un des militants « islamistes » les plus connus de Grande-Bretagne. Il s’est fait connaître en tant que figure de proue d’Al-Muhajiroun, un groupe interdit par la suite en vertu de la législation antiterroriste britannique.
Il a exercé le droit brièvement, mais a quitté la profession dans les années 1990 pour se concentrer sur l’activisme religieux, mettant ses connaissances juridiques au service de son plaidoyer public.

Dans les années 1990, Choudary est devenu un disciple d’Omar Bakri Muhammad, fondateur d’Al-Muhajiroun. Influencé par Bakri, il a adopté une vision du monde « islamiste » et est devenu un prédicateur au franc-parler.
Après que Bakri ait quitté le Royaume-Uni, Choudary est devenu la figure de proue d’Al-Muhajiroun, apparaissant fréquemment dans les médias, organisant des manifestations et recrutant des partisans.
Choudary a acquis une notoriété au Royaume-Uni grâce à ses discours provocateurs, ses manifestations publiques et sa présence en ligne. Il a été accusé de promouvoir des « idéologies extrémistes », de défendre des « actions militantes » à l’étranger et d’encourager les jeunes à rejoindre des « causes radicales ». Au fil du temps, les autorités l’ont lié à plusieurs groupes interdits associés à Al-Muhajiroun.
Les activités de Choudary ont attiré à plusieurs reprises l’attention juridique. En 2016, il a été reconnu coupable d’avoir sollicité un soutien en faveur d’une organisation interdite et a purgé une peine de prison. Après sa libération, la surveillance continue a conduit à de nouvelles accusations, qui ont abouti à sa condamnation à perpétuité pour des infractions liées au terrorisme.
Les tribunaux l’ont décrit comme une figure idéologique dangereuse dont les propos contribuaient à la radicalisation des individus, même s’il n’était pas directement responsable des attentats.






