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À Jakarta, le geste inattendu du pape bouleverse le dialogue avec l’islam

Un vent d’espoir et de fraternité a soufflé sur Jakarta ce 5 septembre 2024, alors que le pape François et le grand imam de Jakarta ont surpris le monde par un geste à la portée retentissante : la signature d’un document commun appelant à lutter, main dans la main, contre l’instrumentalisation religieuse des conflits… sans oublier le réchauffement climatique ! Un tandem inattendu, une scène historique devant la plus grande mosquée d’Asie du Sud-Est, et surtout, un signal fort envoyé à la planète.

Un document signé entre frères devant la mosquée Istiqlal

Les images sont fortes, le symbole grandiose. Le pape François, figure du catholicisme, et Nasaruddin Umar, grand imam respecté de Jakarta, ont uni leur voix pour dénoncer la « déshumanisation » rampante liée à la « généralisation des conflits et de la violence ». Leur message fait mouche, devant la majestueuse mosquée Istiqlal, où musulmans et catholiques se sont rencontrés pour un appel commun à l’action.

Ce document, signé en grande pompe, exhorte toutes les communautés à « prendre des mesures décisives pour préserver l’intégrité de l’environnement naturel et de ses ressources ». Religions et climat ? Le propos étonne peut-être, mais il est d’une actualité brûlante. Les deux hommes appellent à cesser d’utiliser la religion comme levier de division ou de conflit, et à unir les énergies pour sauvegarder la planète.

  • Refuser l’instrumentalisation religieuse des crises
  • Lutter ensemble contre le réchauffement climatique
  • Préserver l’environnement comme patrimoine universel

Une visite papale majeure au cœur de l’archipel indonésien

Ce geste s’inscrit dans une visite papale de trois jours, révélatrice de l’importance du dialogue interreligieux en Indonésie. Sur cet archipel impressionnant de 17 500 îles, l’islam est majoritaire : 242 millions de musulmans, soit 87 % des habitants. Pour autant, quelque huit millions de catholiques (moins de 3 %) font entendre leur voix et espèrent beaucoup de ces rencontres.

Nasaruddin Umar, le grand imam, a résumé la démarche à l’AFP, avec une clarté limpide : « Nous avons deux grands messages. Le premier c’est que l’humanité n’est qu’une, il n’y a pas de couleurs. Et le deuxième, comment sauver notre environnement. Ce sont deux sujets très importants aujourd’hui. »

Le pape appelle à la fraternité universelle

Du haut de ses 87 ans et de sa sagesse argentine, François ne s’est pas contenté de signatures et de poignées de main. Aux côtés des représentants des six religions reconnues officiellement en Indonésie — islam, protestantisme, catholicisme, bouddhisme, hindouisme, confucianisme — il a prononcé des mots forts : « En regardant en profondeur, en saisissant ce qui coule au plus profond de nos vies […] nous découvrons que nous sommes tous frères, tous pèlerins, tous en marche vers Dieu, au-delà de ce qui nous différencie. »

Face à la foule et aux caméras, il a aussi pris la mesure des défis contemporains, n’omettant ni « les guerres et les conflits », ni la « crise environnementale devenue un obstacle à la croissance et à la coexistence des peuples ». Bref, pas de langue de bois : l’humanité est à la croisée des chemins, à Jakarta comme ailleurs.

Un tournant pour l’Indonésie… et au-delà ?

Après ce rendez-vous devant la mosquée Istiqlal, la visite a continué sur un temps plus festif mais tout aussi porteur d’espoir : ce jeudi après-midi, François a présidé une grand-messe en plein air au stade national Gelora Bung Karno, avec 80 000 fidèles, tandis qu’une foule comparable est attendue à l’extérieur pour suivre la cérémonie.

Mais l’agenda du pape demeure chargé. À peine aura-t-il quitté Jakarta le vendredi matin qu’il poursuivra ce marathon vers la Papouasie-Nouvelle-Guinée, puis le Timor oriental et Singapour, pour achever son périple le 13 septembre, après pas moins de 32 000 kilomètres au service du dialogue et de la paix.

En filigrane de cette visite incroyable, un message martelé : transcender les différences, unir les peuples et agir pour un monde – enfin – à la hauteur de nos espérances. À méditer… et à appliquer dès aujourd’hui !

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